Langue khmère (22) : Apprentissage de l’alphabet khmer – Signes diacritiques

Après avoir appris cette montagne de voyelles et de consonnes utilisées en cambodgien, nous arrivons presque à la fin de l’apprentissage de l’alphabet. Il nous manque encore ce que les linguistes appellent les « signes diacritiques ». Késaco ? Le Larousse en ligne nous dit qu’un signe diacritique, ou un diacritique, est un « élément adjoint à une lettre d’un alphabet pour en modifier la valeur ou pour distinguer des mots homographes ». (Voir ici) Pour être plus clair, il s’agit par exemple en orthographe française des accents grave et aigus, du tréma ou de la cédille.
En khmer aussi, les signes diacritiques sont importants car ils servent à modifier la valeur de certaines lettres ou à distinguer des mots homographes (qui s’écrivent de la même façon). Une fois de plus, je m’inspire largement pour ce billet sur les explications données par Michel Antelme dans son Dictionnaire français-cambodgien (dont la nouvelle édition devrait être disponible à partir du 9 novembre 2011, si j’en crois Amazon).
Mais entrons dans le vif du sujet. Je vous donne un paragraphe par signe diacritique, ce billet risque donc d’être longuet…
ៈ est placé après une consonne, indique en général un son court et « sec », et ne peut se trouver qu’en fin de mot.
័ ne peut se placer qu’entre deux consonnes, et raccourcit la prononciation de la syllabe.
់​​ se place sur une consonne seule en fin de mot, et sert à « raccourcir » le son.
៊​ ce signe est placé au-dessus d’une consonne de la série « â » pour la « faire changer de série ». Vous aurez en effet peut-être remarqué que si la plupart des sons consonantiques sont présents dans les deux séries, ce n’est pas toujours le cas. Par exemple, il n’y a pas de « s » dans la seconde série (la série dite « o ») Dès lors, si vous voulez obtenir le son « sou », il faut bien une solution, puisque que le ស avec le ុ​​ ou le ូ​ donne un son « sô » (court ou long). C’est là qu’intervient notre ៊​. Il suffit de le mettre au-dessus du ស pour que ce dernier se comporte comme s’il appartenait à la deuxième série. On a par exemple le mot ស៊ុប, qui signifie « soupe ». Idem pour le son « b », qui s’écrit avec la lettre ប : il n’y a pas de lettre pour écrire le son « b » dans la série « ô ».  Ainsi, pour écrire le son « bi », par exemple, on écrira ប៊ិ, comme dans le mot ប៊ិក, transcription phonétique de la marque « Bic », qui signifie en cambodgien « stylo ». Attention, sauf dans le cas de la consonne ប, ៊ se transforme en ុ lorsque la consonne altérée possède une voyelle au-dessus. Ainsi, pour le son « si », on écrira ស៊ី (ce mot signifie « manger ») et non… Zut ! Mon clavier cambodgien Unicode refuse absolument de me laisser écrire un សី avec un ៊​ !
៉ est aux consonnes de la série « ô » ce que ៊​​ est à celles de la série « â », c’est-à-dire qu’il convertit les consonnes de la série « ô » en consonnes de la série « â », comme par exemple dans le mot ញ៉ម, qui signifie « concéder ». Comme avec le ៊, le ៉​ est remplacé par un ុ lorsque la consonne comporte une voyelle en position supérieure, comme dans ញ៉ាំ, qui signifie aussi « manger ». Notez que pour la lettre ប, le ៉ sert à donner le son « p » avec les voyelles de la première série (on ne met pas ៉​ de sur le ព). On a par exemple le mot ប៉ាកកា, prononcé [paak kaa], qui signifie lui aussi stylo. Quand il y a une voyelle au-dessus du ប, le ៉​ se transforme en ុ. Ainsi, le mot ប៉ី, prononcé [pəy], qui désigne une sorte de flûte cambodgienne (et dont vous pouvoir voir la photo ici).
៏​​ est employé en khmer moderne dans deux cas seulement : dans ក៏, prononcé comme ក tout seul, et que l’on pourrait traduire par « c’est-à-dire », et dans ដ៏, prononcé exactement comme ដ tout seul, particule grammaticale marquant l’insistance devant un adjectif.
៍ indique simplement que la consonne sur laquelle il se trouve s’écrit mais ne se prononce pas. Ah les joies de l’orthographe khmère ! Pas grand-chose à envier à l’orthographe française !
ៗ sert à indiquer la répétition d’une syllabe ou d’un groupe de mots.
៎ est un signe utilisé uniquement sur les exclamations.
Ouf, nous en avons fini avec les signes diacritiques. Il existe des versions « normale » et « rondes » de ces signes diacritiques, mais les différences entre les deux sont infimes, et ne méritent pas la réalisation d’un tableau comparatif. (Non, ma paresse n’est pas le seul motif de l’absence de tableau dans ce billet !)
Mes explications sont partielles et approximatives. Pour des explications plus précises, je vous renvoie… au dictionnaire de Michel Antelme, bien sûr !
Le prochain billet linguistique portera sur les signes de ponctuation. Rassurez-vous, ils ne sont pas trop nombreux !

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Un commentaire pour Langue khmère (22) : Apprentissage de l’alphabet khmer – Signes diacritiques

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