Gastronomie (13-bis) : Soupe de vermicelles de riz – Communication de la plus haute importance

Après de nombreuses années de recherches épistémologiques, la consultation de multiples manuscrits poussiéreux et une exploration des plus aventureuses en Asie du Sud-Est péninsulaire, je suis en mesure de confirmer aujourd’hui l’origine chinoise de la soupe de vermicelles de riz.
En effet, dès mon premier voyage au Cambodge en 1992, la soupe de vermicelles de riz (appelée à tort គុយទាវ, nous verrons un peu plus loin pourquoi je dis « à tort ») hantait mes souvenirs. Depuis près de vingt ans, je m’interrogeais sur l’origine de ce plat. Chinoise, thaïe, vietnamienne ? Les informations contradictoires glanées de-ci de-là n’éclairaient guère ma lanterne.
C’est en préparant mon voyage de quelques jours à Kuala Lumpur que j’ai découvert sur l’article que Wikipedia consacre à la cuisine malaise (voir ici) que l’on pouvait déguster en ce pays un plat sino-malais appelé « char kway teow » (orthographié en chinois 炒粿條 chǎo guǒtiáo). Je connaissais les « kway teow » (pâtes de riz) chinoises sous le nom de « héfěn » (河粉), pour en avoir goûté avant même mon premier voyage en Asie, dans le quartier chinois de Belleville. Ces pâtes (ou nouilles) de riz ressemblent, en un peu plus large, à « nos » tagliatelle.
Or, en réfléchissant intensément à la question, je me rends compte que le terme de គុយទាវ que j’ai un peu vite traduit par « soupe de vermicelles de riz », est en fait en khmer un terme générique (mal) traduit sur Ant (voir ici – désolé, Tovnah est en panne) par « Chinese noodle ». Il s’agit en fait de toutes les nouilles de riz, qu’elles soient vermicelles, tagliatelle élargies ou autres. Notre cordon bleu familial nous en prépare d’ailleurs de temps en temps, sous forme large et sautée.
Eurêka ! M’écriai-je en mon for intérieur, quand la lumière se fit dans mon esprit embrumé !
Pour résumer : គុយទាវ (en khmer) = kuy tiev (en transcription phonétique du khmer) = kway teow (en malais) = « guǒtiáo » (en transcription phonétique du chinois) = 粿條 (en chinois) = héfěn (河粉, nom plus courant des guǒtiáo en chinois). CQFD !
Les « kuy tiev » cambodgiennes sont donc bien d’origine chinoise, et non thaïe ni vietnamienne !
Qu’on se le dise !
(Ci-dessous : photo de la savoureuse assiettée de « char kway teow » dégustée dans un restaurant malais de Kuala Lumpur le 9 novembre 2011 vers 14h40, qui m’a permis de lever définitivement la portion d’once de doute qui subsistait encore.)

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