Vie quotidienne : Fous du volant

Voilà, c’est décidé : après deux ans et neuf mois de séjour, soigneuse planification et économies péniblement accumulées, nous avons décidé de nous faciliter la vie dans la capitale du royaume khmer en nous motorisant.
Mais avant toute chose, il convenait bien entendu que nous nous mettions en conformité avec la loi locale en nous procurant le document qui nous permettra de rager contre le trafic sur l’avenue Monivong aux heures de pointe en toute légalité : le PERMIS (de conduire, bien sûr) !
J’avais fait les choses le plus sérieusement du monde, et avait même lu « in extenso » (ou presque) la traduction anglaise du code cambodgien de la route. Plusieurs possibilités s’offraient à nous : se rendre en personne auprès des services de police compétents pour convertir nos permis (chinois pour madame, français pour mézigue) en permis locaux (dans ce cas, renouvellement annuel nécessaire), voire (si, si, la loi cambodgienne prévoit cette possibilité), faire comme en Chine, c’est-à-dire passer l’examen local, pour obtenir un sésame de validité plus longue.
Émilie, peu convaincue par mes explications alambiquées directement tirées de l’étude attentive de la législation locale, décida de chercher une autre voie, en consultant l’une de ses amies installée de longue date dans le pays. Et bien lui en prit, car la solution proposée, peut-être moins aventureuse, mais beaucoup plus efficace, fut tout simplement de se rendre auprès d’une auto-école, établissements qui, chuchote-t-on dans les milieux expats les mieux informés, se chargent contre espèces sonnantes et trébuchantes, de toutes les formalités. Cette possibilité me fut confirmée par un compagnon d’agapes, qui avait usé d’une variante (il confiait la mission directement à une personne de la connaissance de l’une de ses connaissances) pour se procurer le premier avatar de son permis, et qui continuait de passer par ses services pour le renouvellement annuel. Car en effet, les étrangers sont tenus de renouveler annuellement le document.
Émilie se rendit donc en éclaireuse dans l’un de ces établissements où l’on vous apprend à écraser les piétons dans les règles de l’art, et lança la procédure : fourniture de son permis chinois, copie du passeport et du visa en cours de validité, trois photos. Voyant que l’affaire s’engageait bien, je répétai la démarche le lendemain, en appliquant exactement la même procédure, à la différence près que mon permis à moi était d’origine gauloise, et non extrême-asiatique ! Non, non, ce n’est pas la même chose !
En effet, si votre permis d’origine est en langue gauloise (ou rosbive), les services cambodgiens compétents, polyglottes, vous remettent l’équivalent autochtone du document sans truchement linguistique. En revanche, s’il est rédigé dans une autre langue (lesdits services sont polyglottes, mais pas « omni-glottes »), il faudra qu’on leur fournisse ledit document traduit dans la langue locale.
Dans mon cas, il m’en a coûté 39 dollars ; mais Émilie a dû quant à elle débourser la coquette somme de 74 dollars (la différence étant motivée par la traduction du permis chinois, et sa notarisation par les services consulaires de l’ambassade de Chine à Phnom Penh). Ces prix sont ceux du marché.
Délai ? Trois semaines, nous avons annoncé la gentille préposée de l’auto-école sollicitée. Deux semaines plus tard, elle m’appelait pour me dire que lesdits permis locaux étaient à notre disposition dans le tiroir de son bureau métallique. Quelle efficacité ! Et c’est en raison de cette efficacité et de la gentillesse de préposée, par ailleurs accorte, que je n’hésite pas à insérer dans le présent billet le message publicitaire subliminal suivant : il s’agit de l’auto-école située en face du casino Nagaworld, à la presque-intersection de Sothearos et Sihanouk.
À quoi ressemble le permis khmer ? À ceci (recto et verso – à la place des rectangles blancs du recto, imaginez vos nom et prénom, date de naissance, adresse et photo…) :

Publicités
Cet article, publié dans Vie quotidienne, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s