Bibliographie : Im Thok, Sim le chauffeur

Les œuvres littéraires cambodgiennes modernes traduites en français sont relativement rares, et c’est toujours avec plaisir que j’en déniche. C’est par hasard que j’ai trouvé dans les rayons d’une librairie phnom-penhoise la traduction française de la nouvelle d’Im Thok (អ៊ីមថុក), Sim le chauffeur (ស៊ឹមអ្នកបរឡាន). (Il se trouve en plus que je connais personnellement les traducteurs, puisque j’ai partagé les bancs de la fac, en cours de khmer, avec Jacques Dolias, et que Monsieur Khing Hoc Dy, grand spécialiste de la littérature khmère moderne, était l’un de nos professeurs.)
De l’auteur, Im Thok (1920 ?-1958 ?), on sait peu de choses, sinon qu’il fut directeur du journal Vat Phnom (កាសែតវត្តភ្នំ) à l’époque du Sangkum. On connaît d’Im Thok deux autres œuvres : Coolie réquisitionné (គូលីកំនែន) publié la même année que Sim le chauffeur, en 1956, ainsi que Instituteurs de campagne (គ្រូបង្រៀន​ស្រុកសែ), publié en 1957.
La nouvelle Sim le chauffeur présente Sim, chauffeur de son état, qui travaille pour une compagnie de construction immobilière. L’auteur dresse le portrait des « coolies » (គូលី), travailleurs sans qualifications venus des campagnes à Phnom Penh pour tenter de gagner leur vie.
Les dures conditions de travail, la vie du petit peuple, les salaires à peine suffisants pour vivre, la nécessité de s’instruire et de s’organiser pour les travailleurs font partie des principaux thèmes abordés dans le roman.
Le personnage-clé de l’histoire, Sim, lit beaucoup, s’intéresse de près au socialisme, et pousse ses camarades à créer des syndicats pour défendre les intérêts des travailleurs. Il fait également l’éloge des pays socialistes, et critique les pays capitalistes.
Si cette nouvelle est parvenue jusqu’à nous et est assez connue, c’est parce qu’elle fut intégrée dans les manuels de littérature khmère utilisés à l’époque de la République Populaire du Cambodge, c’est-à-dire à l’époque de l’occupation vietnamienne. En effet, cette nouvelle est parfaitement conforme à la ligne politique socialiste, et constitue une apologie sans détours (et sans grande originalité ni finesse, il faut l’avouer) du socialisme.
L’intérêt de cette nouvelle ne réside pas dans ses qualités littéraires, mais plutôt dans la description qui semble assez fidèle de la vie du petit peuple cambodgien à l’époque du Sangkum.
Dans le livret publié par les Éditions Angkor en 2007, la traduction est précédée d’un commentaire de quelques pages présentant l’auteur et sa nouvelle. Le texte khmer intégral est donné après la traduction.
Si vous n’arrivez pas à vous procurer ce livre, notez que le texte intégral de la nouvelle (en khmer) est disponible à partir de cette page de Wikipedia.
Concernant Im Thok et une autre de ses œuvres, Coolie réquisitionné, je vous invite à télécharger le fichier Word d’une vingtaine de pages (en khmer) destiné aux enseignants de littérature khmère et proposé par le Ministère de l’Éducation de la Jeunesse et des Sports (le document se trouve sur le sous-domaine « Krou » du ministère, ici).
im thok_sim le chauffeurAuteur : Im Thok
Titre : Sim le chauffeur
Traducteurs : Jacques Dolias, Khing Hoc Dy
109 pages, en français et khmer
Éditeur : Angkor Editions
Année de publication : 2007
ISBN : 99950-59-39-8

Advertisements
Cet article, publié dans Bibliographie, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s