Langue khmère : Épeler les mots en khmer

Dans une nouvelle de Suong Mak, intitulée ក្មេងបាត់ខ្លួន (L’enfant disparu). je lis le passage suivant :
(Contexte : Un petit garçon a disparu, les parents vont signaler la disparition à la police, et la fonctionnaire de police qui les reçoit remplit le formulaire. Dans ce passage, elle demande comment s’écrit le nom du petit garçon, qui s’appelle « Virak »).
«វីរៈ(វីរាក់) ​សរសេរ​អក្សរ​ វ ស្រៈអី រ និង ​ក បន្តក់ ឬ?» (…)
« Virak, ça s’écrit avec la lettre « v », la voyelle « i », « r », « k » et le « bântâk », n’est-ce pas ? »
«មិន​មែនទេ គឺ​ វ ស្រៈអី រ ចុច​ពីរ វីរៈ!»
« Non, non, c’est « v », « i », « r » et « deux points », Virak ! »
C’est ce qui m’a donné l’idée du sujet de ce billet : comment épeler les mots en khmer.
Le khmer est une langue alphabétique, il suffit donc, pour épeler les mots, d’énoncer dans l’ordre les lettres qui les composent. Enfin, presque, car il y a quelques petites difficultés : premièrement, il y a des consonnes souscrites. Lorsque la consonne est souscrite, on indique qu’il s’agit du « pied » (ជើង) de la consonne. Par exemple, le mot ក្រ (pauvre) s’épelle ក ជើង រ.
Pour les voyelles, on indique qu’il s’agit d’une voyelle (ស្រៈ, se prononce [sra], avec un [a] bref). Par exemple, le mot ជើង s’épelle ជ ស្រៈអើ ង. Il faut remarquer ici que, même si la voyelle utilisée dans le mot a la prononciation de la « série ‘o’ » (p.ex., dans le mot ជើង, ើ se prononce [eu]), lorsqu’on l’épelle, on utilise la prononciation de la « série ‘a’ » (dans le cas du mot ជើង, lorsque ce mot est épelé, ើ est prononcé [ae]).
Il ne faut non plus oublier, lorsque l’on épelle, d’indiquer les signes diacritiques. Dans l’extrait donné au début de ce billet, on a vu le « bântâk » បន្តក់ (signifie « goutte »), qui est le signe ់, ainsi que les « deux points », ៈ, que l’on appelle simplement ចុច​ពីរ, qui signifie littéralement « deux points ».
Voici les noms des autres principaux signes diacritiques (tels que les donnent Michel Antelme et Hélène Suppya Bru-Nut dans leur Dictionnaire Français-Khmer) (je ne vous donne ici que les appellations populaires, qui sont utilisées dans la vie de tous les jours ; mais sachez tous ces signes diacritiques ont également des noms savants) :
៊ : សក់ក, littéralement « cheveux de la lettre ‘kâ’ » ;
៉, ធ្មេញកណ្ដុរ, littéralement « dents de souris » ;
៏, លេខប្រាមបី, littéralement « chiffre huit » ;
៌, សម្លាប់, littéralement « tuer » (parce que ce signe indique que la consonne sur laquelle elle se place n’est pas prononcée) ;
ៗ, លេខទោ, littéralement « chiffre deux » (parce que ce signe indique que le mots ou le groupes de mots qui précède est redoublé) ;
៎, ជើងក្អែក, littéralement « patte de corbeau » ;
័, សំយោគសញ្ញា, littéralement « signe (សញ្ញា) de synthèse (សំយោគ) ».
Vous voici donc muni des outils nécessaires pour demander à vos amis khmers l’orthographe des mots que vous ne savez pas écrire !

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