Bibliographie : Pin Yathay, Tu vivras, mon fils

Pin Yathay (ពិន យ៉ាថៃ), né en 1944 à Oudong, à une quarantaine de kilomètres au nord de Phnom-Penh, fut un étudiant brillant et obtint une bourse du gouvernement cambodgien pour aller étudier au Canada. Il revint à Phnom Penh en 1965 après avoir décroché d’ingénierie civile à l’Institut Polytechnique de Montréal. Il commença alors une carrière prometteuse au Ministère des Travaux publics.
Pin Yathay se trouvait à Phnom Penh lorsque la ville fut prise par les Khmers rouges en avril 1975. Commença alors pour lui et sa famille le long exode qui fut le lot de tous les citadins cambodgiens lorsque les communistes cambodgiens décidèrent de vider les villes.
Dans Tu vivras, mon fils, publié d’abord en anglais en 1987 sous le titre de Stay Alive, My Son, l’auteur relate la vie qui fut la sienne et celle de sa famille entre l’évacuation de Phnom Penh en avril 1975 et le moment où il parvint à s’enfuir en Thaïlande, en juin 1977.
Il raconte comment il réussit à survivre grâce aux dollars et aux vêtements que la famille avaient emportés dans leur exode, en échangeant ce qui restait de ses biens contre des boîtes de riz, ou du sucre de palme. Il relate comment ses parents, plusieurs de ses frères et plusieurs de ses enfants moururent, victimes de la faim, de la maladie ou des mauvais traitements. Il rend compte de l’absurdité de la politique des Khmers rouges, de l’aspect inhumain de leur idéologie. Il raconte enfin comment il erra dans la jungle, perdit la trace que ceux qui s’enfuyaient avec lui (dont son épouse), fut repris par les Khmers rouges alors qu’il était presque parvenu en Thaïlande, et comment il échappa à une mort certaine en profitant d’une tempête pour s’échapper la veille de son exécution programmée.
Loin des stéréotypes et des discours larmoyants ou édifiants repris par certains témoins ou « analystes » de la période polpotienne, le récit de Pin Yatahay est sobre, presque froid, et c’est sans doute ce qui le rend d’autant plus poignant.
J’ai lu la traduction française, publiée aux éditions de l’Archipel en 2000 (ISBN : 9-782841-8722589). Ci-dessous, la couverture de l’exemplaire que j’ai emprunté à la médiathèque de l’Institut Français du Cambodge à Phnom-Penh.
(Ce livre a été traduit en khmer sous le titre de ជីវិតកូនថ្លៃ កូនត្រូវតែរស់.)
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