Bibliographie : Nou Hach, Ma Guirlande, mon Amour

De Nou Hach (នូហាច, 1916-1975 ?), romancier khmer de toute première importance, nous avions déjà présenté Fleur Fanée (ផ្កាស្រពោន). Un autre des romans de Nou Hach se trouve au programme de langue et de littérature khmère : Ma Guirlande, mon Amour (មាលាដួងចិត្ត).
Dans ce second roman, dont l’action se situe entre 1936 et 1946, Nou Hach relate les aventures d’un jeune Khmer de Battambang, Tikheavout, pensionnaire au lycée Sisovath à Phnom Penh qui, de retour des vacances, rencontre dans le train qui le ramène à Phnom Penh une jeune fille thaïe, Chandamani, fille d’un militaire siamois exilé à Phnom Penh, suite à un coup d’État militaire. Ils font connaissance, et se trouvent de nombreux points communs. Ils tombent amoureux l’un de l’autre, et leur avenir semble radieux. Ils forment des projets : pendant que Tikhevaout ira poursuivre ses études en France, Chandamani ira étudier au lycée de jeunes filles de Dalat, au Vietnam.
Mais ces projets sont malmenés lorsque le père de Chandamani apprend d’une part qu’il a été gracié, et d’autre part que son épouse, la mère de Chandamani, est malade. Le père et la fille rentrent donc précipitamment à Bangkok.
Certes, Tikheavout et Chandamani continuent à correspondre, mais la situation internationale se détériore : en Europe, la seconde guerre mondiale éclate, et en Asie, la Thaïlande se range du côté du Japon. Une guerre éclate entre la Thaïlande et la France en Indochine en 1940. Tikheavout, par patriotisme, démissionne du poste qu’il occupait dans la province de Pursat pour s’engager dans l’armée. Il est blessé au combat, et soigné dans un hôpital thaï, à la frontière cambodgienne. Le hasard fait qu’il est soigné par Chandamani, qui s’est engagée comme infirmière. Chandamani sauve la vie à Tikheavout, mais ce dernier avait appris par un ami qui travaillait dans les services secrets cambodgiens que le père de Chandamani était en fait un espion thaï, qui avait été envoyé en mission à Phnom Penh pour recueillir des renseignements, et que Chandamani était vraisemblablement sa complice.
Tikheavout se sent bien sûr trahi, se comporte de façon odieuse contre Chandamani et son père pendant sa convalescence dans un hôpital de Bangkok. Soigné, il retourne au Cambodge, où il est nommé chef d’un district frontalier avec la Thaïlande. Pendant ce temps, la France a signé avec la Thaïlande la convention de paix de Tokyo, par laquelle les provinces de Battambang et de Siemreap sont cédées au Siam. Le ressentiment de Tikheavout contre les Thaïlandais ne fait bien sûr que s’aggraver. Il fait le serment devant Bouddha de ne plus se lier d’amitié avec aucun Thaï tant que le Siam n’aura pas restitué les deux provinces qu’il a accaparées. Mais il apprend un peu plus tard de son ami des services secrets que le père de Chandamani avait été soupçonné par erreur et n’avait en fait jamais été un espion.
Tikheavout rencontre Chandamani et son père venus faire une excursion à Angkor. Le jeune homme et la jeune fille se rendent compte que leur amour mutuel est resté intact mais Tikheavout, lié par son serment à Bouddha, ne peut renouer avec la jeune fille. Les amants se perdent de vue.
En 1946, Tikheavout est nommé au poste de second gouverneur adjoint de la province de Battambang, lorsque cette province est rendue au Cambodge par la Thaïlande. Il voit un jour arriver dans son bureau le père de Chandamani, qui avait acheté des terrains à Battambang, et qui vient faire authentifier les titres de propriété. La famille de Chandamani a quitté définitivement la Thaïlande pour venir vivre dans la campagne battambangaise.
Tikheavout, lors d’une tournée d’inspection à la campagne, fait un détour pour rendre une visite de courtoisie au père de Chandamani. Ce dernier est absent, mais le jeune homme rencontre à nouveau Chandamani. Le sentiment amoureux qui lie Tikheavout et la jeune femme sont intacts. Les provinces orientales du Cambodge ayant été restituées par la Thaïlande, plus rien ne s’oppose désormais à leur union.
Dans ce roman d’amour, Nou Hach aborde aussi des thèmes tels que l’administration coloniale française et ses travers, la corruption de fonctionnaires cambodgiens sans vergogne, les ambitions territoriales de la Thaïlande, le patriotisme, la guerre, la volonté d’indépendance des Cambodgiens…
Le roman, rédigé entre 1939 et 1949, a été publié pour la premières fois en 1972. Il a été traduit en français par Gérard Groussin. La traduction a été publiée en 1988 par le Cedoreck.
(J’ai pour ma part nettement préféré ce roman à Fleur fanée.)
Ci-dessous, la couverture de mon exemplaire :
nou hach_ma guirlande mon amour_small

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