Bibliographie : Hak Chhay Hok, À l’ombre d’Angkor

Le romancier Hak Chhay Hok (ហាក់ ឆៃហុក) est né dans la province de Battambang en 1944. Il adhère en 1968 à l’Association des écrivains khmers. Il décède, probablement dès 1975, sous le régime khmer rouge. Entre 1965 et 1973, il publie plus de trente romans : romans d’aventure, romans historiques, romans sentimentaux, romans humoristiques.
Son roman historico-sentimental À l’ombre d’Angkor (ក្រោមម្លប់អង្គរ) est publié en 1966. L’histoire se déroule au début du règne du bâtisseur d’Angkor Vat, le roi Suryavarman II (សូរ្យវរ្ម័នទី២, r. 1113-1150).
Les paysans cambodgiens sont en butte aux attaques incessantes de brigands, et les troupes royales ont bien du mal à protéger les villages. À la cour royale, deux clans s’opposent. Le grand chambellan ourdit un complot grâce auquel il parvient à convaincre le roi que son rival, le chef des armées, est un traître, et qu’il organise les attaques contre les villageois. Le chef des armées et son fils sont emprisonnés dans un cachot secré du grand chambellan.
Ce dernier, aidé de complices au sein de la cour et de l’armée, fomente un complot qui doit lui permettre de renverser Jayavarman II et de monter sur le trône royal. La fille du grand chambellan a vent des projets funestes de son père et, guidée par son patriotisme et son sens aigu de la justice, elle parvient à entrer en contact avec le fils du chef des armées, et aide ce dernier à dresser un plan permettant de contrer le complot du grand chambellan. La tentative de coup d’État échoue, le grand chambellan et ses complices s’enfuient, le chef des armées et son fils recouvrent la liberté. Pendant sa captivité, le fils du chef des armées s’est épris de la fille du grand chambellan ; le sentiment est partagé, et l’on s’achemine vers une fin heureuse.
Mais c’est sans compter sur les traîtres, réfugiés dans la forêt, qui n’ont pas renoncé à renverser Jayavaraman II. Le grand chambellan va jusqu’à s’allier avec les ennemis jurés des Khmers : les Chams. Les armées rebelle et chame lancent un assaut violent contre la capitale khmère, mais heureusement, à l’issue d’une longue et dure bataille, les Chams sont repoussés et les chefs des traîtres périssent.
Hak Chhay Hok, dans ce roman historique, dresse un portrait idéalisé de la période angkorienne et du souverain Jayavarman II. Il exprime également dans ce récit un patriotisme exacerbé ; l’amour de la nation, de la religion et du roi, le sens du devoir et de la morale, sont omniprésents. Les héros, jeunes, beaux et pleins de talent, sont d’une vertu immaculée et font passer le patriotisme devant toute autre valeur, qu’il s’agisse de la famille ou de l’amour.
Ce roman ne semble pas avoir été traduit en français. La version khmère est largement distribuée dans les librairies de Phnom Penh. Ci-dessous, la couverture de mon exemplaire :
(PS : Il semble que Hak Chhay Hok ait emprunté le titre de son roman à l’ouvrage publié en 1915 par Groslier, présentant succinctement les principaux monuments d’Angkor.)
hak chhay hok_a l ombre d angkor_small

Publicités
Cet article, publié dans Bibliographie, Littérature khmère, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s