Bibliographie : Suong Mak, Death Note

Je ne suis normalement pas très friand d’histoires de fantômes, j’étais donc un peu réticent lorsque la jeune femme qui officie à la librairie Carnets d’Asie, à l’Institut Français du Cambodge, m’a chaleureusement recommandé la lecture du recueil de nouvelles fantastiques Death Note (ក្របមរណៈ) de Suong Mak (សួង ម៉ាក់). Cependant, ayant déjà lu et apprécié du même auteur le roman Boyfriend et ayant même traduit en français une nouvelle de lui pour la revue Jentayu, l’enthousiasme de la vendeuse n’a pas eu excessivement de mal à me convaincre. Et, lecture faite, je ne regrette pas ce choix.
Death Note est un recueil de dix nouvelles fantastiques, dont le but avoué est de « terroriser » le lecteur. En première de couverture, le sous-titre en rouge assure que toutes les pages du livre sont maculées de sang (ce qui n’est pas tout à fait vrai), et les « instructions de lecture » données en quatrième de couverture donnent (si l’on est très crédule) la chair de poule.
Parmi les dix nouvelles, j’ai plus particulièrement aimé les textes suivants : la première nouvelle, intitulée « Oublier » (ភ្លេច), dont le personnage principal est puni de façon implacable de son comportement inhumain envers sa fiancée ; le deuxième nouvelle, « La route hantée » (ផ្លូវខ្មោចលង), où l’on suit les déboires d’un lycéen qui persiste à ne pas croire aux fantômes ; le cinquième texte, « Les héritiers de la voiture fantôme » (ទាយាទឡានខ្មោច), donne froid dans le dos ; la sixième histoire, « La pomme ensorcelée » (ផ្លែប៉ោមអថ័ន), se base sur la légende urbaine selon laquelle, si l’on parvient à peler une pomme à minuit, devant un miroir, sans rompre la pelure, on peut se voir exaucer un vœu – le résultat obtenu n’est bien entendu pas celui qui était espéré ; la neuvième nouvelle, « La promesse » (ពាក្យសន្យា), connaît un dénouement assez inattendu ; enfin, le dernier texte, « Death Note » (ក្របមរណៈ), terrible, se termine tragiquement, et nous enseigne que l’on ne peut être que le spectateur impuissant de son destin, écrit d’avance.
J’avoue que ce livre m’a très agréablement surpris. L’écriture de Suong Mac est fluide, les histoires sont assez bien construites. Par rapport à Boyfriend, qui était plein de retenue, Death Note me semble moins convenu.
Les dix textes qui composent le recueil ont été composés à des dates diverses, entre 2007 et 2011. Le recueil a été publié à Phnom Penh en 2011 (ISBN : 978-99963-64204). Ci-dessous, la première de couverture de mon exemplaire :

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