Bibliographie : Tomber dans l’abîme de l’amour

Récemment, j’avais présenté un recueil de nouvelles intitulé Vitheavy 2016 (វិធាវី២០១៦) (voir ici), qui m’avait beaucoup plu. Ce recueil avait été publié par les éditions Kambu Mera en 2016.
Avant ce recueil, en 2015, les mêmes éditions avaient mis à la disposition des lecteurs khmérisants une autre compilation, intitulée Tomber dans l’abîme de l’amour (ធ្លាក់ក្នុងអន្លង់ស្នេហ៍), portant le sous-titre de « J’ai le cœur brisé, mais ce n’est pas grave » (ខកចិត្ត តែអត់បញ្ហា…). Cet ouvrage rassemble neuf nouvelles composées par six auteurs. Le thème de chaque nouvelle est, comme le laisse supposer le titre, la naissance de l’amour, ses méandres, et la déception amoureuse.
Parmi les histoires racontées, mes préférées sont : Une jeune fille de la campagne (កញ្ញាស្រុកស្រែ), de Ki Socheata (គី សុជាតា), qui raconte comment une jeune fille de la campagne tombe amoureuse de l’un des amis de son frère ; Des chansons à message (ចំរៀងនាំសារ), de So Phina (សូ ភីណា), dans laquelle on voit une jeune fille envoyer au jeune homme dont elle est amoureuse des chansons destinées à lui faire comprendre, en vain, les sentiments qu’elle éprouve ; Hommes de mangas (បុរសម៉ង់ហ្កា), de Ouck Sodani (អ៊ូច សូដានី), nouvelle dans laquelle une jeune fille amatrice de mangas fait le parallèle entre les jeunes gens qu’elle rencontre et les personnages préférés des bandes dessinées japonaises qu’elle affectionne. (Dans le recueil Vitheavy 2016, j’avais déjà aimé les nouvelles de Ki Socheata et de So Phina.)
D’autres nouvelles sont plus naïves, sans cependant être dénuées d’intérêt.
Le point qui me semble le plus intéressant à la lecture de ce recueil, c’est qu’il permet d’avoir une vue directe sur la vie, le travail, les problèmes sentimentaux des jeunes citadins cambodgiens, qui ont fait des études, qui ont un travail souvent intéressant, mais qui restent (pour ce qui est des jeunes femmes en tout cas) très pudiques et attachées à la tradition. On est très loin des clichés que l’on peut avoir sur le Cambodge d’aujourd’hui, et on découvre que ces jeunes citadins, finalement, ne sont pas aussi différents des jeunes Occidentaux que l’on pourrait l’imaginer.
On est loin aussi, me semble-t-il, de la littérature romanesque des écrivains des années 1970, ou des romans à l’eau de rose que produisaient et produisent encore des écrivains de la génération des années 1990 ou 2000.
Comme pour le recueil présenté précédemment, la qualité de l’édition et de la rédaction sont irréprochables.
Le livre est en vente dans de nombreuses librairies de Phnom Penh (SIPAR, Carnets d’Asie, IBC… ; ISBN : 9789996305696).

Publicités
Cet article, publié dans Littérature khmère, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Bibliographie : Tomber dans l’abîme de l’amour

  1. Vero-font dit :

    Bonjour et merci pour ce billet. Savez vous s’il existe une version traduite en français ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s