Bibliographie : La Ferme des animaux en khmer

La Ferme des animaux (en anglais Animal Farm), la fameuse fable publiée par George Orwell en 1945, est une œuvre majeure de la littérature contemporaine. J’ai découvert avec plaisir, par hasard, que ce court roman avait été traduit en khmer. On trouve assez facilement sur Internet une copie au format pdf de la traduction en khmer de cet ouvrage, qui fut mise au point par Pan Sothy (ប៉ាន សុធី) et publiée à Phnom Penh en 1972. (Cette version au format pdf peut être téléchargée par exemple sur le blog Vannarachincom, ici.)
Je ne présenterai pas cette fable bien connue (si vous souhaitez vous rafraîchir la mémoire, je vous invite à lire ici l’article de Wikipedia), je parlerai plutôt ici de la traduction khmère.
Le titre khmer de cette œuvre est « កាលនោះ បដិវត្តន៍មួយ », littéralement « À ce moment-là, une révolution », que je serais tenté de traduire par « Il était une fois la révolution ».
Plutôt qu’une traduction, il s’agit en fait d’une adaptation, comme le précise d’ailleurs la première de couverture (ប្រែសំរួលដោយ ប៉ាន សុធី : adapté par Pan Sothy). En effet, le traducteur a pris quelques libertés avec le texte source.
Pour la plupart, ces libertés me semblent judicieuses. Par exemple, les « moutons » de la version anglaise sont remplacés par des « chèvres ». Cette métamorphose animalière est justifiée par le fait que le mouton est un animal peu connu des Cambodgiens, tandis que la chèvre est un animal familier en pays khmer, qui de plus, pour les autochtones, a autant d’esprit de discernement que les animaux de Panurge.
Les noms des personnages de l’histoire ont également été adaptés : le cochon idéologue de la révolution, Sage l’Ancien (en anglais Old Major), est appelé អាគំនិត, littéralement « l’intello » ; Lubie (Mollie), la jeune jument frivole, est appelée អាប្រផេះ, « Grisette » ; Brille-Babil (Squealer), le « ministre de la propagande », s’appelle អាប្រាជ្ញ, « le malin » …
Le traducteur a fait un réel effort de « transcréation », en présentant à ses lecteurs un texte khmer très fluide, plein d’humour décalé comme le texte original, et qui me semble d’excellente qualité. Par comparaison, les traductions en chinois publiées en Chine continentale, par exemple celle produite en 2010 par Fu Weici, professeur bien connu de l’Institut des Langues Étrangères de Pékin, me semble très littérale et manque singulièrement de saveur.
L’édition khmère présente peu de défauts (quelques fautes et incohérences orthographiques, en petit nombre). En revanche, la qualité de la copie au format pdf est assez médiocre, au point même que certains passages en sont presque illisibles,
Ci-dessous, la première page de couverture de l’édition khmère (l’image vient d’une page du site iKhmerBMC, à partir de laquelle on peut aussi également télécharger le fichier pdf mentionné ci-dessus).

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