Faune : Le kouprey, boviné emblème du Cambodge

Le kouprey (en khmer គោព្រៃ [kô-prei]) est une espèce quasiment légendaire au Cambodge. Elle fut décrite pour la première fois au XX° siècle par des Français présents en Indochine. Les informations recueillies à propos du kouprey par le docteur vétérinaire Sauvel a fait autorité, ce qu’atteste le nom binomial choisi pour cette espèce : Bos sauveli.
Bien avant les Français, les Cambodgiens connaissaient bien entendu ce boviné. Dans les sources khmères, notamment sur les bas-reliefs du Bayon, de nombreux bovins sont représentés, sans que l’on puisse cependant identifier clairement un kouprey. À la fin du XIII° siècle, le chinois Zhou Daguan, dans ses Mémoires sur les coutumes du Cambodge (Zhenla fengtu ji) parle également de grands troupeaux de bovinés sauvages (野牛 [yěniú]), qu’il aperçoit rassemblés par milliers sur les berges de l’embouchure du Mékong. Rien ne permet cependant de certifier qu’il s’agissait bien de kouprey, car au Cambodge, on trouve trois autres espèces de bovinés sauvages : le banteng (Bos javanicus, en khmer ទន្សោង [ton-saong]), le gaur (Bos gaurus, en khmer ខ្ទីង [khting]) et le buffle d’eau sauvage (Babulus arnee, en khmer ក្របីព្រៃ [krå-bei prei]).
Le fameux dictionnaire de référence de la langue khmère, compilé sous la direction du vénérable Chuon Nath à partir de 1915 et publié en 1938, donne du kouprey la description suivante : « boviné originaire des forêts et vivant dans les forêts (uniquement dans la province de Kampong Thom), de grande taille, aux cornes incurvées, au corps noir et brillant, tacheté de blanc à l’extrémité inférieure des quatre pattes ».
Le kouprey est reconnaissable à ses longues cornes incurvées, munies de poils faisant comme un anneau près l’extrémité. Il se distingue également par un fanon très long. Malgré ce qu’explique Chuon Nath, le kouprey était surtout présent dans les forêts de la province de Mondolkiri, dont il est aussi devenu l’emblème. Un grand rond-point de la capitale de la province, Saen Monorom, est d’ailleurs orné d’une statue représentant deux grands kouprey. (La photo ci-dessous vient d’un article consacré au kouprey publié sur le site de l’Angkor Times, ici.)
À l’époque coloniale, des Français avaient même envoyé en 1937 un jeune mâle kouprey au zoo de Vincennes, où il fit sensation. La photo ci-dessous vient de l’article en anglais que Wikipedia consacre à cette espèce, ici.
En tant qu’emblème du Cambodge, le kouprey a également été le sujet de plusieurs timbres émis par la poste cambodgienne (l’image ci-dessous vient de cette page internet) :
Le kouprey n’a plus été observé depuis les années 50. L’espèce a probablement été victime de la chasse et de la destruction de son habitat. Symboliquement, l’animal reste cependant important dans la culture cambodgienne. Par exemple, une équipe de football amateur cambodgienne a pris le nom de kouprey. On peut aussi observer une statue de kouprey au nord-ouest du Vat Phnom (photo personnelle prise le 12 mai 2018) :
Un jeune artiste, Ou Vanndy (អ៊ូ វណ្ណឌី) a même réalisé une imposante statue de kouprey avec des éléments métalliques, exposée devant le centre de langues de l’Institut Français du Cambodge (photo personnelle prise le 12 mai 2018) :

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