Bibliographie : Nuon Pich Soudeny, L’Ombre de l’amour à côté du brasier de la rancœur

Pour être tout à fait honnête, j’avoue que c’est la couverture très aguicheuse du roman L’Ombre de l’amour à côté du brasier de la rancœur (ស្រមោលស្នេហ៍ក្បែរភ្លើងគំនុំ) de Nuon Pich Soudeny (នួន ពេជ្រស៊ូដេននី) qui a accroché mon regard… Mais que les âmes prudes se rassurent : la scène la plus torride de l’ensemble du récit est le moment où le héros se saisit tendrement de la main de son aimée pour la placer doucement sur sa poitrine…
Ce roman à l’eau de rose, publié en 2008, raconte l’histoire d’amour qui lie Mademoiselle Netra, jeune fille de la haute bourgeoisie phnompenhoise à peine revenue de quatre années d’études à Paris, et Sakkana, jeune orphelin, brillant mais désargenté.
L’affaire s’engageait pourtant bien mal : Son Excellence Rungrith, père de Netra, séduit une jeune mannequin inexpérimentée, qui tombe dans le piège, accompagne l’Excellence dans sa garçonnière, et se fait d’abord droguer puis violer. Ladite modèle n’est autre que la petite amie de Sakkana. Elle tombe enceinte des œuvres de l’Excellence. Ravi, l’épouse trompée par Rungrith, découvrant le pot-aux-roses, fait rosser la jeune maîtresse de son mari, jeune maîtresse qui meurt des coups reçus.
Sakkana n’a alors de cesse de venger la mort de sa petite amie. Il enlève Netra, avec la ferme intention de la violer. Mais ses scrupules l’empêchent de mettre son plan à exécution. Netra, apprenant les méfaits dont son père s’est rendu coupable, pardonne bien vite à Sakkana et tombe insidieusement amoureuse de lui.
Sakkana libère Netra sans lui faire le moindre mal. Mais sa soif de vengeance n’en est pas pour autant assouvie. Il séduit la femme de Rungrith/mère de Netra, Ravi, prend des photos compromettantes d’ébats qui n’ont pas eu lieu, et envoie lesdites photos à Rungrith. Rungrith et son épouse, engagés dans une course-poursuite automobile, succombent à un accident de voiture. La pauvre Netra en a le cœur brisé, découvre les photos et va demander des explications à Sakkana. Le brasier de la rancœur qui sépare les deux âmes amoureuses redouble d’intensité.
Sur ces entrefaites, Sakkana sauve tout de même l’honneur de Netra poursuivie par un jeune débauché de la haute société, mais refuse de lever l’ombre qui plane sur l’amour inavouable des deux jeunes adultes. De dépit, Netra cède aux empressements d’un autre jeune homme de bonne famille, Ritthi, qui reste envers elle d’une courtoisie et d’une bonté exemplaires, et accepte de l’épouser.
Nida, la meilleure amie de Netra, a quant à elle fait inopinément la connaissance de Sakkana. Elle est subjuguée par la beauté et l’intelligence du jeune homme, et voudrait que leurs relations aillent au-delà de la simple amitié. Mais Sakkana est amoureux de Netra…
À trois jours de son mariage, Netra revient dans la cabane où Sakkana l’avait retenue. Ce dernier est là. Netra et Sakkana s’avouent enfin leur amour, mais Netra ne se résout pas à trahir Ritthi et à l’abandonner au pied de l’autel.
Nida avait subrepticement suivi son amie Netra et a assisté à toute la scène. Une fois Netra partie, Nida vient tancer vertement Sakkana pour son manque de courage. Elle va ensuite trouver Netra, et lui explique qu’elle a tort de sacrifier son amour dans le seul but de ne pas faire perdre la face à Ritthi. Mais Netra reste inébranlable.
Ritthi, qui ignore tout, vient trouver Netra. Il se rend bien compte que quelque chose lui pèse. À force d’insistance, il finit par faire avouer à Netra ce qui la chagrine. Grand seigneur, il annule le mariage.
Netra et Sakkana peuvent donc se retrouver ! Netra va chercher Sakkana, mais ce dernier a disparu ! Elle le voit un jour par hasard, au volant d’une Lexus, sortir d’une société. Elle va interroger l’hôtesse d’accueil, et apprend que Sakkana habite et travaille dorénavant à Siemreap.
Cédant aux élans de son cœur, elle va sur-le-champ à Siemreap. Le hasard faisant bien les choses, elle est secourue justement par Sakkana, alors qu’elle s’était foulé la cheville en descendant le Phnom Bakeng sous une pluie battante.
Sakkana a acquis une position sociale élevée grâce à son patron qui, n’ayant pas d’enfant, a décidé d’adopter le jeune homme, qui se trouve donc l’héritier d’une fortune confortable. Cet obstacle de classe ayant été levé, plus rien ne s’oppose désormais à l’union de Sakkana et de Netra.
Netra avait demandé à Nida de la rejoindre à Siemreap. Nida est ravie de voir ses deux amis nager en plein bonheur. Le hasard faisant une nouvelle fois très bien les choses, le trio rencontre Ritthi, lui aussi en excursion à Siemreap. Et comme c’était inscrit dans les astres, Ritthi tombe sous le charme de Nida.
Les deux jeunes couples peuvent enfin convoler en justes noces.
Ce roman s’inscrit dans l’inépuisable veine des romans à l’eau de rose qui font les délices des jeunes Cambodgiennes. Nuon Pich Soudeny, connue aussi sous le nom de plume d’« Oiseau blanc » (បក្សីស), se revendique d’ailleurs de cette veine, puisqu’elle se pose comme la digne héritière d’une autre romancière du genre : Mao Samnang, dont nous avions déjà présenté ici le roman Lueur de la lune. Pour de plus amples informations concernant Soudeny, je vous invite à lire ici un article qui lui est consacré sur le blog archphkai.
Ci-dessous, la première de couverture du roman L’Ombre de l’amour à côté du brasier de la rancœur.

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