Langue khmère (3) : Alphabet khmer

Pour ceux qui voudraient apprendre la langue cambodgienne, j’ai deux nouvelles : une bonne et une mauvaise !
La bonne nouvelle est que le Khmer s’écrit à l’aide d’un alphabet, donc d’un nombre fini et relativement raisonnable d’éléments graphiques. Une fois que l’on a appris à lire les lettres de l’alphabet, on est en théorie capable de déchiffrer tout ce qui est écrit en Khmer. L’apprentissage de l’écriture est donc beaucoup plus simple que celui d’une langue telle que le chinois ou, dans une certaine mesure, le japonais, puisque dans ces deux langues, on utilise des caractères dont la seule graphie ne permet pas de connaître la prononciation. Pour pouvoir lire un journal chinois, par exemple, vous devez apprendre environ 3500 caractères différents (ce qui vous permettra de lire environ 99% de tout ce qui s’écrit en Chine aujourd’hui).
La mauvaise nouvelle est que l’alphabet khmer est « un peu plus » complexe que notre alphabet latin avec ses 26 lettres. L’alphabet khmer comporte en effet pas moins de 33 consonnes, 24 voyelles simples (qui peuvent avoir deux prononciations différentes), et 15 voyelles autonomes. Ajoutez à cela que les 33 consonnes comptent une version dite « souscrite » (dans les syllabes comportant une combinaison de consonnes, la deuxième et éventuellement la troisième consonne, s’écrivent en général en-dessous de la première, et adoptent pour l’occasion une graphie différente).
Histoire de vous donner un peu plus le tournis, précisons que le khmer contemporain utilise couramment deux styles écritures : l’écriture « normale », et une écriture « ronde », utilisée par exemple dans les titres des journaux.
Pour finir de vous décourager, poursuivons la présentation en précisant que les consommes se divisent en deux groupes, et que les voyelles se prononcent différemment selon le groupe auquel appartient la consonne avec laquelle elles sont utilisées.
Pas encore découragé ? Alors je continue : comme les deux séries de consonnes ne sont pas exactement parallèles (certaines consonnes de l’un des deux groupes n’ont pas de consonne de prononciation équivalente dans l’autre groupe), on utilise des symboles spéciaux qui viennent s’ajouter à certaines consonnes pour permettre à la voyelle qui les accompagne de se prononcer comme si la consonne appartenait à l’autre groupe.
Ajoutons encore que l’alphabet cambodgien comporte encore des symboles spéciaux qui indiquent, par exemple, qu’une voyelle normalement prononcée longue doit se prononcer courte, ou qui indiquent qu’une lettre écrite ne doit pas se prononcer…
Enfin, sachez également que l’alphabet khmer a fait l’objet de « simplifications », qui ont permis d’éliminer quelques lettres « surnuméraires ».
J’oubliais deux détails : la langue khmère utilise des symboles particuliers pour les chiffres, et elle possède aussi ses propres signes de ponctuation (ces derniers, heureusement, en nombre restreint).
J’ai lu quelque part que l’alphabet khmer était l’alphabet le plus complexe du monde. Je ne suis pas certain que cela soit exact (il me semble que l’alphabet thaï ne cède en rien, en termes de complexité, à l’alphabet khmer), et il est vrai que l’apprentissage de l’écriture cambodgienne demande un effort certain. Mais rassurez-vous quand même : l’apprentissage de cet alphabet est à la portée de qui vient bien prendre la peine de l’apprendre !
Pour une présentation un peu plus concrète de l’alphabet khmer, je vous invite à suivre ce lien, qui vous amènera sur le petit site de Lao Bun Long, consacré au Cambodge.

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4 commentaires pour Langue khmère (3) : Alphabet khmer

  1. François dit :

    Et dans le genre mauvaise nouvelle, il y a aussi le fait que dans une phrase, les mots sont collés les uns aux autres, sans espaces entre eux, ce qui complique nettement la lecture: cestassezdécourageantilfautbienlereconnaitremaisçàvautlecoupdepersévérer….
    Bonnes fêtes de fin d’année quand même!…
    François.

    • pascalkh2 dit :

      Vous avez tout à fait raison !
      Ça pose aussi des problèmes en informatique, car les logiciels ne savent pas toujours où il faut faire un retour à la ligne…
      Le problème se pose aussi pour d’autres langues telles que le chinois, le coréen ou le japonais, où les caractères sont collés les uns à la suite des autres.
      Le fait aussi qu’il n’y ait pas de majuscules peut réserver des surprises : il peut arriver qu’on cherche un mot dans plusieurs dictionnaires, avant de se rendre compte qu’il s’agit d’un nom propre !
      Mais avec un peu d’habitude, on arrive tout de même sans trop de difficultés à découper les mots.
      Je vous souhaite également de bonnes fêtes de fin d’année !
      Pascal

  2. Lydia dit :

    Oh là là! je me demande si je dois m’y mettre ….. Il faut être vraiment motivée surtout sans prof, sans soutien, sans être « immergée dans la langue ». C’est chaud quand même.

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