Faune : Martin-pêcheur d’Europe

J’étudiais hier un poème d’un auteur chinois du Ve siècle, Bao Zhao (鲍照 [bào zhào]), dans lequel était évoqué un « voile orné de plumes ». La note explicative précisait que ce genre de voiles était populaire dans la Chine ancienne, et que les plumes utilisées pour la décoration étaient le plus souvent des plumes de martin-pêcheur d’Europe, en chinois cuìniǎo (翠鸟), littéralement « oiseau de jadéite », nom binomial Alcedo atthis. Wikipedia possède ici un article consacré à cette espèce. Voici le volatile en question, et il est vrai que son plumage est superbe, aussi n’est-il pas étonnant que les anciens Chinois s’en soient servi comme élément décoratif :

Martin-pêcheur d’Europe (crédits photo : Andreas Trepte / CC BY-SA)

Selon Wikipedia, les principales caractéristique de cette espèce sont :
– une livrée brillante et très colorée (bleue sur le dessus, rousse et blanche sur le dessous) ;
– un bec long et fin ;
-un corps court et trapu ;
– une taille approximative de 16 cm et un poids d’environ 40 g.
En regardant la carte de sa répartition géographique, je m’aperçois que malgré le qualificatif d’« Europe », l’espèce est présente sur une vaste aire, qui part de l’Europe et va jusqu’au Japon et à l’Asie du Sud-Est. Il est donc présent au Cambodge.
Je trouve sur cette page Facebook le nom khmer de l’espèce : il s’agit du [châ-chat kreum] ចចាតក្រឹម. En khmer, le mot [châ-chat] ចចាត sert à désigner quelques espèces de martins-pêcheurs. Le mot [kreum] ក្រឹម désigne quant à lui des poissons combattants du genre Betta.
La liste évoquée ci-dessus (qui énumère quelque 535 espèces d’oiseaux avec leurs noms khmers, binomiaux et anglais) recense encore deux autres espèces appelées [châ-chat] : ចចាតត្រចៀកខៀវ ([châ-chat trâ-chiek khiev], « châ-chat à oreilles bleues »), i.e. le martin-pêcheur méninting, Alcedo meninting, et ចចាតតូចចុងខ្នងក្រហម ([châ-chat tôch chong khnâng krâ-hâm], « petit châchat à extrémité du dos rouge), i.e. le martin-pêcheur pourpré, Ceyx erithaca. On trouve au Cambodge d’autres martins-pêcheurs, mais ils ne sont pas appelés « châ-chat ».
Ci-dessous, le martin-pêcheur méninting et le martin-pêcheur pourpré. Les deux photos viennent aussi de Wikipedia :

Martin-pêcheur méninting (crédits photo : Bernard DUPONT from FRANCE / CC BY-SA)
Martin-pêcheur pourpré (crédits photo : Bernard DUPONT from FRANCE / CC BY-SA)
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Intermède musical : Sin Sisamouth et Pen Ron en duo, Triple métissage

Les Cambodgiens considèrent de façon générale que les enfants métis (កូនកាត់) sont particulièrement beaux. Dans ce duo avec Pen Ron, Sin Sisamouth rencontre une jeune fille dont il tombe sous le charme, et essaie d’engager la conversation. Il commence par la complimenter pour ses grands yeux, lui dit qu’il ressemble à deux sont ceux d’un Indienne (ក្លិង្គ), et s’étonne, si elle est effectivement indienne, de l’entendre parler khmer. Il la loue ensuite pour la blancheur de son teint (blanc comme du coton សដូចសំឡី), et devine qu’elle est métisse, soit de Chinois, soit de Français.
Pendant ce temps, la demoiselle ne s’en laisse pas conter et demande à l’importun de ne plus la suivre, de cesser de la questionner et de la laisser tranquille. Et il persiste à l’interroger, alors qu’elle ne veut pas répondre.
Il la supplie de ne pas se mettre en colère. Il veut vraiment savoir, car jamais il n’a vu une telle beauté. Il la fait rire, et elle finit par lui donner la réponse : elle est métissée de trois races (សានសន៍) : française, chinois et khmère.
Ci-dessous, les paroles, récupérées ici :
ស៊ិន ស៊ីសាមុត-ប៉ែន រ៉ន
កូនកាត់បីសាសន៍
(ប) មើលភ្នែក មើលភ្នែកដូចក្លិង្គ
ភ្នែកធំយ៉ាងហ្នឹង
បើក្លិង្គ ម្ដេចក៏ចេះខ្មែរ

(ស) ថយចេញ ថយចេញ
នែ!កុំមកចង់ស្នេហ៍
ខ្ញុំមិនព្រមទេ
នែៗ!កុំតាមគេទៀត

(ប) តើអូន កូនកាត់សាសន៍អី
សដូចសំឡី ស្រីកាត់បារាំងឬចិន

(ស) ចេញទៅៗ ម្តេចសួរមិនចេះញឹន
មុខគួរឱ្យជិន គេមិនឆ្លើយហើយនៅសួរទៀត

(ប) បងសួរចង់ដឹង កុំទាន់ខឹងណាស្រី
មេត្តាស្រដី ពិសីកូនកាត់អ្វីខ្លះ
កាត់ប៉ុន្មានសាសន៍
ប្លែកណាស់មិនដែលឃើញទេ

(ស) (សើច)

(ប) ម្តេចក៏មាសមេបែរជាសើចដាក់បងទៅវិញ

(ស) អូននេះៗ កូនកាត់
មើលមុខមើលមាត់
អូនជាកូនកាត់បីសាសន៍

(ប) ឱ!អូនអើយអូនកាត់សាសន៍អ្វីខ្លះ

(ស) បងមើលឱ្យច្បាស់
គឺកាត់បីសាសន៍ បារាំងចិនខ្មែរ
(L’ensemble de la chanson est ensuite reprise)

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Panicaut fétide et autre coriandre longue… en khmer

En préparation d’un article consacré aux herbes aromatiques (ជីរ [chi]) khmères, je suis en train de compiler quelques données sur ces ingrédients essentiels de la gastronomie cambodgienne.
Parmi les herbes les plus fréquemment utilisées on trouve le panicaut fétide, connu aussi en français sous les noms de coriandre longue ou de coriandre chinoise (Eryngium foetidum). Je connaissais cette herbe sous le nom d’herbe-scie (ជីររណារ [chi rona]), le mot « scie » rappelant l’aspect finement dentelé du bord de la feuille. Cette herbe est encore couramment connue sous un autre nom khmer : l’herbe-épine (ជីរបន្លា [chi bânla]), le mot « épine » faisant aussi référence à la dentelure fine du bord de la feuille.
Notre excellente cuisinière, qui est originaire de la province de Siemreap, me précise que dans la région de Battambang, cette herbe est connue sous le nom d’herbe longue : ជីរវែង [chi véng].
Je lis par ailleurs dans le Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge de Pauline Dy Phon, qu’E. foetidum est aussi appelé (entre autres) « herbe française » (ជីបារាំង [chi barang], « français » devant plutôt être compris ici dans le sens de « non-khmer », ou encore « herbe vietnamienne » (ជីយួន [chi yuon])…
Si jamais quelqu’un vous explique que le khmer est une langue simple, vous êtes en droit de réfuter cette affirmation.

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Faune : Cerf d’Eld dans le sanctuaire de la vie sauvage de Sambor

Le WWF a installé plusieurs pièges photographiques dans le sanctuaire de la vie sauvage de Sambor (ដែនជម្រកសត្វព្រៃសំបូរ), dans la province de Kratié. A l’occasion de l’examen de quelque 1710 photos prises dernièrement, les spécialistes du WWF ont eu l’heureuse surprise de voir quatre spécimens d’une espèce en danger d’extinction : le cerf d’Eld, ou thamin (Rucervus eldii), appelé en khmer « rôméang » (រមាំង). C’est la première fois en cinq ans que cet animal est observé.
Cambodge Mag a publié le 25 septembre 2020 un article à ce sujet.
Ci-dessous, un couple de thamins (l’image vient du très bref article en français qui parle de cet animal sur Wikipedia) :

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Faune : Crocodile du Siam

Hier, 22 septembre 2020, le site du Ministère de l’Information publiait un compte-rendu de la Radio Nationale du Cambodge qui faisait état du signalement par la WCS Cambodia de la découverte de 15 bébés crocodiles du Siam qui venaient d’éclore dans un étang naturel du district de Srae Ambil, dans la province de Koh Kong. Le prétexte est donc tout trouvé pour publier un petit billet présentant ce reptile devenu rare au Cambodge, au moins à l’état sauvage.
Le crocodile du Siam (Crocodylus siamensis) est appelé en khmer « krâpeu trei » (ក្រពើត្រី, littéralement « crocodile-poisson ») ou encore « krâpeu phnom » (ក្រពើភ្នំ, « crocodile de montagne »). C’est la seule espèce de crocodilien que l’on rencontre au Cambodge. On le connaît en anglais sous le nom de Siamese crocodile, et en chinois sous le nom de « xiānluó’è » (暹罗鳄), qui signifie tout simplement « crocodile du Siam ».
Cette espèce fait l’objet d’un élevage assez important au Cambodge, notamment dans la région de Siemreap et sur le lac Tonle Sap, essentiellement pour sa peau, recherchée par les maroquiniers. On peut trouver de façon anecdotique quelques restaurants locaux qui proposent des mets à base de chair de crocodile, mais cet usage reste limité.
Un sauté de crocodile aux épices (l’image vient d’un compte Facebook intitulé « Viande de crocodile ») :

Ci-dessous, des crocodiles du Siam dans une ferme sur le Tonle Sap (crédit photo : August Dominus / CC BY-SA) :

Crocodylus siamensis se trouve encore en Birmanie, Thaïlande, Laos, Vietnam, Malaisie, Brunei et Indonésie. Sa présence est incertaine à Java.
Aire de répartition :

Ce crocodile peut atteindre 3 mètres de long à l’âge adulte. On connaît peu de choses de sa biologie et de son écologie, mais on sait qu’il est en forte régression, à cause de la chasse et de la destruction de son habitat.
Ci-dessous, des crocodiles du Siam dans une ferme d’élevage.

Note : La plupart des informations et des images données ici proviennent de la page en anglais que Wikipedia consacre à ce reptile.

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Flore : Gingembre rouge

J’ai eu l’occasion d’observer à plusieurs reprises, dans différents endroits de Phnom Penh (parc de l’Ambassade de France, entrée de l’hôtel Rosewood, entrée du centre commercial Aeon 1) des arbustes portant des cônes rouges dressés au sommet des tiges, cônes que l’on devine être des inflorescences et desquels s’échappent quelquefois, dans le plus grand désordre, des bractées.
Voici un exemple de cet arbuste, à l’entrée de l’hôtel Rosewood :

Interrogée, ma Khmère de référence m’explique qu’elle a déjà vu cette espèce à de nombreuses reprises, qu’elle est fréquente à l’état sauvage, qu’elle n’est utilisée que pour ses qualités décoratives, qu’elle ne lui connaît aucun autre usage et qu’elle en ignore le nom.
Une recherche rapide sur Internet me permet de découvrir qu’il s’agit d’une zingibéracée, connue en français sous le nom vernaculaire de gingembre rouge, appelée alpine ou galanga à La Réunion, ou encore lavande rouge ou lavande rose dans les Antilles françaises, et portant le nom binomial d’Alpinia purpurata (synonyme : Alpinia grandis). Ni le Dictionnaire des Plantes utilisées au Cambodge de Pauline Dy Phon, ni la Flore photographique du Cambodge de Mathieu Leti et al. ne mentionnent cette espèce.
Seul le site Useful Tropical Plants mentionne deux usages médicinaux : le fruit serait utilisé pour calmer les douleurs et une infusion des feuilles servirait à apaiser l’inconfort stomachal. Toujours d’après ce site, cette espèce est présente en Asie du Sud-Est, de l’Indonésie orientale à la Nouvelle Guinée, dans les îles Salomon, en Nouvelle Calédonie et à Vanuatu. Aucun usage alimentaire n’est signalé.
Pour cette espèce, je trouve le nom khmer de « knhey krâ-hâm] ខ្ញីក្រហម, qui signifie littéralement « gingembre rouge ».
Ci-dessous, des inflorescences desquelles s’échappent quelques bractées (la photo a été prise dans le parc de l’Ambassade de France à Phnom Penh) :


Enfin, ci-dessous, une inflorescence épanouie :

Source : Kurt Stüber [1] / CC BY-SA

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Bibliographie : L’Étranger d’Albert Camus, en khmer

Le premier roman d’Albert Camus, L’Étranger, est le troisième roman francophone le plus lu dans le monde, après Le petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry et Vingt-mille Lieues sous les mers de Jules Verne.
L’Étranger a été traduit en soixante-huit langues. La version chinoise, intitulée Júwàirén (《局外人》) est bien connue des lecteurs chinois (de même, d’ailleurs, que La Peste 《鼠疫》 [shǔyì]).
La première traduction en khmer de L’Étranger avait été réalisée par un professeur de philosophie, Yi Cheang Eng, et avait été publiée en 1973 par les éditions Nokor Thom, la maison d’édition de Soth Polin. Cette traduction n’a jamais été rééditée et n’est aujourd’hui plus disponible dans les librairies du Cambodge.
Dans le cadre du programme de l’UNESCO qui avait permis la mise au point de la traduction d’un recueil de nouvelles de Maupassant (dont Khmerologie avait parlé ici), Be Puch et Christophe Macquet ont entrepris un travail de révision et de réédition de la traduction originale d’Yi Cheanhg Eng. Cette traduction originale n’était en effet pas exempte de défauts : omissions, sous-traductions, sur-traductions, contresens et interprétations erronées.
Le travail de Puch et de Christophe a consisté tout d’abord à ressaisir avec le jeu de caractères khmers de l’UNICODE l’ensemble du texte. L’orthographe a été corrigée sur la base de l’orthographe officiellement admise aujourd’hui par le gouvernement cambodgien, c’est-à-dire celle qui se base sur le Dictionnaire de khmer de Samdech Chuon Natt. Enfin, les défauts dont était entachée la traduction initiale ont été corrigés.
Finalement, le travail des relecteurs/réviseurs a permis de produire une traduction cohérente, exempte d’erreurs et de surcroît très fluide et très agréable à lire de L’Étranger. La richesse du vocabulaire en khmer est à signaler.
Cette traduction a été publiée très récemment (juillet 2020) par les excellentes éditions Kampu Mera (qui avaient également publié le recueil de nouvelles de Maupassant évoqué ci-dessus). Soulignons également que les éditeurs ont pris le soin d’obtenir des agents littéraires des ayant-droits d’Albert Camus l’autorisation de publier cette traduction. Le fait est assez rare chez les éditeurs cambodgiens pour être salué.
Comme c’est l’habitude chez Kampu Meru, la qualité physique du livre (mise en page, papier, reliure, couverture…) est irréprochable.
La nouvelle traduction en khmer de L’Étranger d’Albert Camus est en vente dans les meilleures librairies cambodgiennes. (ISBN : 9789924920731)

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Vidéo : Bophana – Une tragédie cambodgienne

La lecture du roman de So Phina, Bophana, m’a donné envie de revoir le documentaire signé de Rithy Panh sur le même sujet, intitulé Bophana – Une tragédie cambodgienne. Ce document est sorti en 1996.
Le fil directeur de ce film de 60 minutes est l’histoire tragique de Hout Bophana, jeune fille cambodgienne, et de son cousin Ly Sitha, qui deviendra son mari.
A l’époque du gouvernement du maréchal Lon Nol, Sitha, révolté par la corruption du régime et pour échapper à la conscription forcée dans l’armée nationaliste, rejoint le maquis khmer rouge. Bophana, après avoir été violée par un soldat de Lon Nol, se réfugie à Phnom Penh comme de nombreux Khmers de la campagne.
Le 17 avril 1975, elle fait partie des millions de Cambodgiens contraints de rejoindre la campagne et de travailler dans les coopératives agricoles du régime communiste. Sitha, devenu cadre, la retrouve. Il est basé à Phnom Penh, mais fait de nombreux déplacements en province. Bophana, qui ne peut le rejoindre, lui écrit des lettres enflammées.
Elle est finalement arrêtée et torturée pendant plusieurs mois à S21, « centre de sécurité » (comprenez prison politique) des Khmers rouges à Phnom Penh. Sitha est lui aussi envoyé à Tuol Sleng. Tous deux seront éliminés à Cheng Aek.
De façon plus générale, ce documentaire explique de façon succincte ce que fut le régime khmer rouge.
Bophana – Une tragédie cambodgienne, est accessible sur Youtube.

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Gastronomie : Les cuisses de grenouille cambodgiennes

On trouve sur l’Internet cambodgien une recette dont l’intitulé ne laisse pas d’intriguer : salade aux cuisses de grenouilles et fruits de mer (ញាំភ្លៅកង្កែបគ្រឿងសមុទ្រ [nhoam plov kangkaèp kroeung samot]). Certes, les Khmers ne dédaignent pas de consommer les batraciens, qu’ils ont l’habitude de vider, puis de farcir avec moult épices, avant de les coincer entre des pinces faites de fines lamelles de bambou et de les griller. Excellent, d’ailleurs ! En règle générale, cependant, les Khmers sont économes, et c’est en entier qu’ils consomment les grenouilles. Le plat susmentionné mis à part, je ne connais pas de plat khmer où seules les cuisses du pauvre animal sont utilisées.
Mais à y regarder d’un peu plus près et en observant la photo de ladite salade, on se rend compte qu’il y a méprise : les « cuisses de grenouilles » en question sont en réalité un légume, que les Khmers les ont affublées de ce nom sans doute en raison des nœuds de la tige du végétal, qui évoquent vaguement les articulations d’une cuisse de grenouille.

Cuisses de grenouille végétales (photo personnelle)

La cuisse de grenouille végétale porte le nom binomial d’Oenanthe javanica, espèce appelée en français « persil vietnamien » (sans doute en raison de ses feuilles dentelées). En Chine, on parle de « céleri aquatique » (水芹 [shuǐqín]), et le légume est bien connu dans la région de Suzhou car il fait partie des « huit fées des eaux », un ensemble de huit plantes aquatiques très apprécié des gourmands du cru.

Gros plan sur les feuilles (photo personnelle)

Au Cambodge, on lui prête des vertus médicinales : le jus des racines broyées dans l’eau serait efficace contre les intoxications alimentaires, et la plante entière aurait pour effet d’aider à soigner les mictions douloureuses et à réduire le taux de sucre dans les urines.
En gastronomie khmère, la cuisse de grenouille est fréquemment consommée en salade, en soupe, ou encore sautée nature ou à l’ail. Ci-dessous, la « salade aux cuisses de grenouilles et fruits de mer » :

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Intermède musical : Ros Serey Sothea, Demain nous devrons nous dire adieu

Parmi les nombreuses chansons khmères évoquées par So Phina dans son roman Bophana, se trouve une chanson interprétée par l’une des chanteuses cambodgiennes les plus célèbres la période d’avant les Khmers Rouges, Ros Serey Sothea (រស់ សេរីសុទ្ធា), intitulée Demain nous devrons nous dire adieu (ស្អែកអូនលាបងហើយ, littéralement « demain je serai séparée de toi »). Dans cette chanson, une jeune femme passe avec son aimé une dernière nuit avant que les amants ne soient séparés. Elle explique notamment qu’elle voudrait que cette nuit ne s’arrêtât jamais, qu’elle voudrait être Hanuman, qui tenta de dévorer le soleil, et qu’elle donnerait volontiers sa vie pour cela…
Voici le texte khmer de la chanson (je l’ai trouvé ici) :
រស់ សេរីសុទ្ឋា – ស្អែកអូនលាបងហើយ
1-ថ្ងៃស្អែកថ្ងៃថ្មីថ្ងៃស្រី ព្រាត់ទៅ
យប់នេះអូននៅរួមរស់ក្បែរបងអើយ
មិនយូរប៉ុន្មាន យប់នឹងកន្លង
ឱ្យអូន និងបងឃ្លាតគ្នារៀងៗ
2-អូនសែនស្រណោះចិត្តប្រុស ភក្ដី
ស្ម័គ្រស្មោះនឹងស្រីមិនដែល ចេះល្អៀងអើយ
ឥឡូវត្រូវឃ្លាត ក្លែបក្លិនសូរសៀង
ទឹកភ្នែក ស្រែកច្រៀងពីរឿងកំព្រា
3-បើសិន អូនអាចឃាត់ថ្ងៃស្អែកបាន
ដូចជាហនុមាន ឃាត់ព្រះសុរិយា
អូននឹងទៅភ្លាម ឥតស្ដាយសង្ខារ
តែអនិច្ចាកម្ម យើងដល់ហើយបង
4-ស្អែកនេះស្អែកថ្មីស្រីលាបងហើយ
គ្មានសង្ឃឹមឡើយថាបានឆ្លើយឆ្លង
ទោះដីប្រឹងវិល ត្រឡប់ច្រើនដង
ចង់ឱ្យ ជួបបងក៏ឥតសង្ឃឹម
ស្អែកអូនលា បងហើយ….
ស្អែកអូនលា…. អូនលាបងហើយ

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