Faune : Tortues cambodgiennes

En février 2015, j’avais visité à Sambor, près de Kratié, le Mekong Turtle Conservation Center (MTCC). De cette visite, j’ai gardé un excellent souvenir (voir ici le compte-rendu de cette visite).
Outre la célèbre tortue de Cantor (Pelochelys cantorii), le centre permet de découvrir la plupart des tortues présentes au Cambodge. Je me suis souviens d’un grand poster sur lequel étaient présentées les espèces de tortues présentes au Cambodge (le poster mentionnait 14 espèces). Je n’avais malheureusement pas pris de photo de ce poster, et n’avais trouvé nulle part ailleurs de liste des tortues cambodgiennes.
Mais grâce à la base de données des espèces animales dont j’ai parlé ici, j’ai pu reconstituer cette liste. (La base de données énumère 15 espèces.) Je me propose donc de présenter dans ce billet les différentes tortues cambodgiennes.
Une remarque préliminaire : en khmer, on trouve deux mots pour désigner les tortues : អណ្ដើក [ân daek] (et non [ân daet] comme je l’avais mentionné par erreur dans le billet consacré au MTCC), mot qui s’applique aux tortues à « carapace dure », et កន្ធាយ [kân thièy], qui désigne spécifiquement les tortues dites à carapaces molles (la carapace de ces tortues n’est pas vraiment molle, mais elle est recouverte d’un cuir épais qui leur donne une surface de texture molle).
Les tortues sont données ici dans l’ordre alphabétique de leur nom khmer (avec la traduction littérale du nom khmer entre parenthèses), accompagné du nom latin et des noms vernaculaires en français et en anglais.
កន្ធាយអាស៊ី (tortue à carapace molle d’Asie) Amyda cartilaginea ; fr. : trionyx cartilagineux ; ang. : Asiatic softshell turtle, black rayed softshell turtle
En-dehors du Cambodge, cette tortue à carapace molle se trouve également dans de nombreux autres pays d’Asie (Inde, Laos, Malaisie, Indonésie, etc.). Sa carapace peut atteindre 70 à 80 cm de long, l’animal peut peser jusqu’à 15 à 25 kg. (La photo vient de l’article que Wikipedia consacre à cette espèce, ici.)

 

កន្ធាយក្បាលកង្កែប (tortue à carapace molle à tête de grenouille) Pelochelys cantorii ; fr. : tortue géante à coquille molle, tortue de Cantor ; ang. : frog-faced softshell turtle, Cantor’s giant softshell turtle, Asian giant softshell turtle
Cette espèce est originaire d’Asie du Sud-Est. Elle est considérée comme étant la plus grande tortue d’eau douce vivant aujourd’hui. Il s’agit d’une espèce menacée, et c’est sur la préservation de la tortue de Cantor que porte l’essentiel des efforts du MTCC. (La photo vient également de Wikipedia, ici.)

 

 

 

អណ្តើកក្បាលធំ (tortue à grosse tête) Platysternon megacephalum ; fr. : tortue à grosse tête ; ang. : big headed turtle
Cette tortue est présente au Cambodge, en Chine, au Laos, au Myanmar, en Thaïlande et au Vietnam. Elle est réputée pour sa capacité à escalader les obstacles. Elle ne peut pas rentrer sa tête dans sa coquille, mais dispose d’une mâchoire puissante qui lui permet de se défendre. Elle se nourrit de poissons et d’escargots. (La reproduction du timbre qui prend cette tortue pour thème vient d’un site de partage de photos, ici.)

អណ្តើកក្អែក (tortue corbeau) Siebenrockiella crassicollis ; fr. : émyde noire des marais ; ang. : black mask turtle, black marsh turtle, smiling terrapin, Siamese temple turtle
L’espèce est présente au Cambodge, en Indonésie, au Laos, en Malaisie, au Myanmar, etc. C’est une tortue de taille petite à moyenne, presque entièrement noire, sauf des taches blanches à jaune sur la tête. Elle est essentiellement aquatique et se déplace lentement ou reste immobile dans les plans d’eau avec une végétation dense. (La description et la photo viennent de Wikipedia, ici.)

អណ្តើកត្រចៀកក្រហម (tortue à oreilles rouges) Trachemys scripta elegans ; fr. : tortue de Floride ; ang. red-eared slider, red-eared terrapin
La tortue de Floride a une longévité évaluée à environ 50 ans. Lorsqu’elle est juvénile, sa nourriture se compose à 90 % de poisson et à 10 % de végétaux. C’est une espèce extrêmement populaire en France, mais elle est invasive et cause de nombreux problèmes. (La photo vient de l’article « tortue de Floride » de Wikipedia, ici.)

 

អណ្តើកបិទមុខ (tortue qui ferme le visage) : Cuora amboinensis ; fr. : tortue boîte d’Asie ; ang. : box turtle, Amboina box turtle, Southeast Asian box turtle
Cette tortue doit son nom khmer au fait que la tortue rentre la tête dans sa carapace en faisant pivoter une petite plaque se trouvant sur la partie ventrale, juste à l’arrière de la tête, qui se referme une fois la tête rentrée. À l’âge adulte, elle atteint une taille d’environ 25 cm, et vit 30 à 35 ans. Elle est omnivore. (La photo vient de l’article de Wikipedia, ici.)

អណ្តើកព្រិច (tortue ‌à Melientha suavis)(1) Indotestudo elongata ; fr. : tortue à tête jaune ; ang. : elongated tortoise
Cette tortue a une carapace allongée, et est de couleur jaunâtre, tirant sur le brun-vert sur la carapace, celle-ci ayant des taches plus sombres. Elle atteint environ 30 centimètres de long pour un poids d’environ 3,5 kg, les femelles étant en général plus grandes que les mâles. (La description et la photo viennent de l’article de Wikipedia, ici.)
(1) Melientha suavis (ព្រិច [prich]) est un végétal dont les feuilles sont consommées à la campagne comme légume.

អណ្តើកមាស (tortue d’or) Manouria impressa ; fr. : tortue imprimée ; ang. : impressed tortoise
Cette tortue se rencontre en Asie du Sud-Est et dans le sud de la Chine. Elle possède une carapace et une peau de couleur brun-doré, d’où son nom en khmer. Elle est difficile à maintenir en captivité. Elle est appréciée pour sa chair par les populations locales. (La photo vient de l’article de Wikipedia, ici.)

 

 

អណ្តើកសកល (tortue commune) Heosemys annandalii ; fr. : tortue des temples à tête jaune, tortue d’Annandale ; ang. : yellow headed temple turtle
Il s’agit d’une tortue de grande taille, dont la carapace peut atteindre une longueur de 80 cm. La femelle est plus grande que le mâle. La tortue est herbivore. Elle se rencontre fréquemment au voisinage des temples bouddhistes, d’où le nom qui lui a été donné en français comme en anglais. (La photo vient du site de l’Asian Turtle Program, ici.)

 

អណ្តើកសោម (tortue divine) Heosemys grandis ; fr. : tortue asiatique géante des marais ; ang. : giant Asian pond turtle, Asian giant terrapin
Cette tortue se rencontre en Malaisie péninsulaire, en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge, au Laos et au Vietnam. Sa carapace peut atteindre une longueur d’une cinquantaine de centimètres. Elle apprécie un habitat semi-aquatique. (La photo vient de l’article de Wikipedia, ici.)

 

 

អណ្តើកស្រែ (tortue de rizière) Malayemys subtrijuga ; fr. : malayémide à trois arêtes ; ang. : Malaysian snail-eating turtle, rice field terrapin, Mekong snail-eating turtle
Cette tortue se trouve dans le bassin du Mékong, au Cambodge, au Laos, dans le sud du Vietnam et dans le nord de la Thaïlande. Elle apprécie plutôt les cours d’eau lents. Elle est omnivore. Ses mâchoires sont puissantes, ce qui lui permet de casser sans difficulté la coquille des escargots. (La photo vient de l’article de Wikipedia, ici.)

 

អណ្តើកស្លឹកទ្រូងខ្មៅ (tortue feuille à plastron noir) Cyclemys oldhamii (ou oldhami) ; fr. : tortue feuille d’Asie ; ang. : black plastron leaf turtle, Oldham’s leaf turtle
Cette tortue est présente en Asie du Sud-Est, et peut-être dans le sud de la Chine, dans la province du Yunnan. (La photo vient du site Reptile Database, ici.)

 

 

អណ្តើកស្លឹកទ្រូងលឿង (tortue feuille à plastron jaune) Cyclemys pulchristriata ; fr. : ? ; ang. : Eastern black-bridged leaf turtle, yellow plastron leaf turtle
Cette espèce est présente dans le sud de l’Indochine. Sa carapace est de couleur rougeâtre à brun. Le plastron est jaune en grande partie. Je n’ai pas trouvé son nom commun en français. (L’image vient du site de l’Asian Turtle Program, ici.)

 

អណ្តើកស្លឹកភ្នំក្រវាញ (tortue feuille de la chaîne des Cardamomes) Cyclemys atripons ; fr. : ? ; ang. : Western black-ridged leaf turtle, Cardamoms leaf turtle
La carapace de cette espèce est brun-rouge, ovoïde à allongée. Le plastron est jaune pour l’essentiel, avec ou sans lignes fines, noires. Elle est morphologiquement très proche de l’espèce précédente. Je n’ai pas trouvé son nom commun en français. (L’image vient du site Reptile Database, ici.)

 

អណ្តើកហ្លួង (tortue royale) Batagur baska ; fr. : tortue fluviale de l’Inde, tortue fluviale des Sundarbans, batagur malais ; ang. : Northern river terrapin, mangrove terrapin
La carapace de cette tortue peut mesurer jusqu’à 60 cm, et l’animal peut atteindre un poids de 18 kg. La surface supérieure de la carapace et les parties molles sont en général de couleur olive-brun, tandis que le plastron est jaunâtre. L’espèce fait partie de la liste des 100 espèces les plus menacées au monde. (La photo vient de l’article en chinois de Wikipedia, ici.)

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Idiotismes : Un seul cœur un seul foie

Pour les Cambodgiens, le foie (ថ្លើម [thla-em]) est le siège des émotions. Il existe en khmer de nombreuses expressions qui empruntent cette notion.
Dans la traduction khmère de la fable de Georges Orwell, La Ferme des animaux, j’ai par exemple relevé l’expression idiomatique suivante :
ចិត្តមួយថ្លើមមួយ
Littéralement : « Un cœur, un foie », en fait « Le même cœur et le même foie ».
Cette paraphrase était utilisée pour illustrer l’amitié indéfectible et parfaitement sincère et loyale entre deux personnages, des « amis de même cœur et de même foie » : មិត្តចិត្តមួយថ្លើមមួយ.
(Je remarque aussi qu’en chinois, l’expression « cœur-foie » (心肝 [xīn gān]) peut être utilisée dans un sens proche. Par exemple, lorsqu’une mère s’adresse à son jeune enfant, ou lorsque des amants se donnent des mots doux, pour dire « mon chéri », ils peuvent utiliser l’expression 小心肝 [xiǎo xīn’gān] « petit cœur-foie ».)

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Liens utiles : Base de données des espèces animales

En cherchant la traduction du nom de divers animaux cités dans le conte du dhole, j’ai découvert le site de Cambodia Clearing House Mechanism, qui contient notamment une base de données assez étoffée des noms des espèces animales présentes au Cambodge.
La base de données donne le nom binomial, le nom en khmer, ainsi que le nom vernaculaire en anglais. Il est possible de faire une recherche à partir du nom khmer.
Pour accéder directement à la base de données, cliquez ici.
(Lien consulté le 20 juillet 2017.)

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Conte : Histoire du dhole

Le dhole (Cuon alpinus), appelé aussi cuon ou chien sauvage d’Asie (en khmer ចចក [châchâk]) est un canidé vivant en Asie. Au Cambodge, il est parfois confondu avec le renard (កញ្ជ្រោង [kânh chrông]), notamment dans les traductions d’œuvres étrangères. Mais à la différence du Maître Renard des contes et fables d’Europe, au Cambodge, le dhole est réputé pour sa bêtise incommensurable. L’illustre par exemple cette « Histoire du dhole » (រឿងចចក [roeueng châchâk]), que l’on peut lire dans le recueil des contes et légendes khmers de l’Institut Bouddhique. (Le texte en khmer se trouve ici, sur le site de l’Institut.)
Il était une fois un dhole de belle taille qui, à la saison fraîche, se mit en quête d’une mare ou d’un étang asséché, dans l’espoir d’y trouver des poissons pour assouvir sa faim. Il arriva devant un étang dont l’eau était évaporée et dont il ne subsistait plus qu’une mare remplie de boue, dans laquelle se débattaient nombre de poissons, petites crevettes, langoustes d’eau douce et crabes. Voyant cela, le dhole s’en réjouit et dit : « C’est vraiment mon jour de chance, d’habitude je n’ai pas ce genre de veine. » Une petite crevette astucieuse entendant le dhole s’extasier ainsi, fit à l’animal ce discours enjôleur : « Grand frère dhole, tous, ici, nous sommes certes destinés à te faire un festin, mais nous sommes couverts de boue, si tu nous dévores dans l’état où nous nous trouvons, tu gâcheras ton plaisir ! » Ce à quoi le dhole répondit : « Et comment faire pour que vous soyez délicieux ? »
La petite crevette répondit : « Il faut que tu nous emmènes nous nettoyer soigneusement, c’est la seule façon pour que nous soyons un mets digne de toi. » Le dhole demanda alors : « Mais comment pourrais-je vous emmener vous laver, vous êtes si nombreux ! » « Ne te fais pas de souci, répondit la crevette, je te promets que tu n’auras aucune difficulté, mais il faut que tu fasses comme je te le dis. » Rassuré, le dhole promit : « Je ferai comme tu me le diras. »
La petite crevette expliqua alors : « Il faut que tu viennes t’allonger dans la boue. Nous pourrons alors nous accrocher à toi en mordant ton pelage. Il suffira alors que tu nous conduises dans une rivière ou un étang rempli d’eau limpide. Tu pourras nous y laver, et tu n’auras plus qu’à te régaler à ta guise. » Et le dhole, qui était aussi stupide qu’il était glouton, fit ce que lui conseillait la crevette.
Les crevettes et les poissons s’accrochèrent donc à la fourrure du dhole. Ce dernier se rendit à un vaste étang à l’eau cristalline et y plongea. Poissons et crevettes lâchèrent prise et bondirent dans l’eau. La crevette dit alors : « Grand frère dhole, va donc chercher ceux qui sont restés dans la mare, afin que tu puisses manger à satiété. Nous t’attendons ici. » Le dhole repartit donc vers la mare, et ramena dans l’étang tous ceux qui restaient. Voyant que le dhole avait ramené tous leurs congénères, poissons, petites crevettes, crabes et escargots de rivière s’enfuirent aussitôt en plongeant à toute vitesse au plus profond de l’étang. Quant au dhole, voyant que l’on s’était joué de lui, il entra dans une folle rage, et partit ameuter tous les animaux, grands et petits : éléphant, rhinocéros, tigre, ainsi que le python et les autres serpents grands et petits, et même que la gent ailée. Tous les animaux s’étant réunis, ils décidèrent de vider l’étang de son eau, pour attraper tous les poissons qui s’y trouvaient et s’en faire un festin. Le python fit de son corps un barrage, et tous les autres animaux se mirent à puiser l’eau.
Les animaux qui s’étaient réfugiés dans l’étang, voyant que le dhole avait rassemblé les autres animaux pour assécher l’étang, furent pris de panique et se demandèrent : « Mais comment faire pour que les animaux cessent de puiser l’eau de l’étang ? » À ce moment-là, la perche grimpeuse s’exclama : « J’ai entendu dire que le juge lièvre était doté d’une intelligence hors du commun et qu’il parvenait toujours à résoudre les problèmes aussi bien des hommes que des animaux. Puisqu’il en est ainsi, je vais aller solliciter l’aide du juge lièvre, afin qu’il trouve un remède à notre malheur. » Après délibération, les poissons décidèrent donc de charger la perche grimpeuse d’aller quérir le juge lièvre. Rampant avec difficulté, la perche grimpeuse se mit en quête du lièvre ; au milieu de la journée, ses écailles s’étaient asséchées. Le soir venu, le juge lièvre sortit de sa tanière à la recherche de nourriture et, voyant la perche grimpeuse ramper ainsi, il lui demanda : « Mais où vas-tu, grande sœur perche ? » Voyant le juge lièvre, la perche grimpeuse ne se sentit plus de joie et le supplia en ces termes : « Grand frère juge lièvre, aie pitié de moi et de tous les autres poissons qui vient dans l’étang et qui m’ont chargée de te demander de venir, car nous avons entendu dire que tout le monde, les hommes comme les animaux, louait l’intelligence du juge lièvre et disait qu’il savait résoudre les difficultés, que lorsque quelqu’un se trouve en prise à un malheur, tu parviens toujours à trouver la solution. Aujourd’hui, l’éléphant, le buffle, le bœuf, le rhinocéros, le chital, le sambar, le cerf cochon(1), le sanglier, les serpents petits et grands, et même la gent ailée, l’aigrette, la grue antigone, le héron, le bec-ouvert(2), le pélican, la poule sultane, le cormoran, le dendrocygne siffleur(3), l’anhinga roux(4), tous se sont réunis pour se mettre en devoir d’assécher l’étang, afin de pouvoir se délecter de tous ceux qui s’y trouvent, poissons, tortues et tortues carapace molle. C’est pourquoi je t’implore, juge lièvre, de nous aider, mes frères et moi, à échapper à ce terrible malheur. Ta renommée en sera encore plus grande et nous ne manquerons pas de t’être reconnaissants. De notre vie, jamais nous n’oublierons tes bienfaits. » Après avoir écouté la prière de la perche grimpeuse, le lièvre répondit : « Retourne d’abord à l’étang, grand sœur perche grimpeuse, et dit à tes frères qu’ils n’ont rien à craindre. Je vais vous aider à vous sortir de ce mauvais pas, n’ayez aucune inquiétude. » Aussi la perche grimpeuse retourna-t-elle à l’étang. Quant au lièvre, dès l’aurore, il se rendit au bord de l’étang, et prit une feuille que des vers avaient en partie dévorée pour rédiger une missive. Puis il appela tous les animaux à grands cris : « Eh ! Frères et sœurs, venez donc écouter la lettre que le divin Indra m’a ordonné de vous amener. ‘Le divin Indra viendra briser les pattes de la cigogne épiscopale(5), attacher les pattes de l’aigle, couper la tête du dhole et arracher les défenses de l’éléphant.’ » Tous les animaux, entendant ce que disait la lettre d’Indra, furent pris de panique et s’enfuirent à toute hâte en se piétinant les uns les autres, marchant sur l’éléphant, le buffle, le rhinocéros, le chital ; il se précipitèrent vers le python qui faisait barrage et dont le corps fut sectionné en deux ou trois tronçons ; ainsi fut détruit le barrage, et les animaux furent pris dans l’inondation qui s’ensuivit et périrent noyés. De leurs dépouilles, les poissons se firent un festin. Depuis ce jour, tous les animaux eurent une crainte respectueuse de l’intelligence du lièvre et considérèrent le juge lièvre comme un maître digne de respect.
Notes :
1. Le chital, ou cerf axis (រមាំង, Axis axis), le sambal (ប្រើស, Cervus unicolor, Rusa unicolor) et le cerf cochon (ក្ដាន់, Arcis porcinus) sont des cervidés que l’on trouve en Asie du Sud-Est.
2. Le bec-ouvert indien (បង្កៀលខ្យង, Anastomus oscitans) est un oiseau aquatique.
3. Le dendrocygne siffleur (ប្រវឹក, Dendrocygna javanica) est un oiseau appartenant à la famille des anatidés, i.e. la famille des canards, oies, etc.
4. L’anhinga roux (ស្មោញ, Anhinga melanogaster), appelé aussi oiseau-serpent, est un oiseau aquatique d’Asie du Sud-Est, piscivore, un peu semblable à un cormoran, piscivore.
5. La cigogne épiscopale (ត្រុំ, Ciconia episcopus) est un échassier présent dans les zones humides arborées.
(Ci-dessous, un dhole. La photo vient de l’article que Wikipedia consacre au canidé, ici.)

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Proverbes : Insouciance coupable

Un proverbe khmer trouvé dans le recueil du docteur Pannetier :
រទេះបាក់មិនគិត ទៅគិតឯគោលូចដាំង
La traduction donnée par le docteur Pannetier est la suivante : « Ta charrette est cassée, peu te chaut ; tu es absorbé à regarder ton bœuf qui fait des obscénités. »
Vocabulaire :
រទេះ charrette
បាក់ cassé
លូច montrer, exhiber
ដាំង organes génitaux (pour un mâle)
Une traduction plus proche du texte source serait plutôt : « Ta charrette est cassée, peu te chaut ; tu ne te préoccupes que de ton bœuf qui exhibe ses parties génitales. »
Le commentaire du docteur Pannetier sur ce proverbe est le suivant : « Insouciance de l’homme, et particulièrement du Cambodgien : en pleine situation critique il s’occupe de tout ce qu’il y a de plus futile. »
Ce proverbe est également cité par Chuon Nath dans son dictionnaire khmer, dans la définition du mot ដាំង, voir ici. Chuon Nath explique que ce proverbe s’utilise pour décrire une situation dans laquelle quelqu’un ne se préoccupe pas des choses importantes, mais accorde son attention aux choses futiles.

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Vidéo : Angkor, l’aventure du Baphuon

En janvier 2010, le réalisateur Didier Fasso, pour le compte du CERIMES (Centre de ressources et d’information sur les multimédias pour l’enseignement supérieur), a réalisé un documentaire consacré à l’histoire de la découverte et de la reconstruction de l’un des plus grands temples angkoriens : le Baphuon (ប្រាសាទបាពួន [prasat bapuon]). La Baphuon fut construit vers 1060, sous le règne de Udayādityavarman II (ឧទយាទិត្យវម៌្មទី២), qui régna de 1050 à 1066. La restauration du temple, commencée par Bernard Groslier et interrompue par la guerre civile en 1975, a pu reprendre après la signature des accords de Paris. La restauration a été achevée en 2011, et le monument peut enfin être visité.
Le documentaire, extrêmement intéressant, peut être visionné sur le site de Canal-U, ici.
Il est aussi être vu sur Youtube :

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Intermède musical : Khemarak Srey Pov – Nouvel an

J’avais publié ici un billet pour présenter la chanson Demande en mariage interprétée par Khemarak Sereymon. Bernard, lecteur de Khmerologie, avait mentionné dans un commentaire le nom de Khemarak Srey Pov (ខេមរៈ ស្រីពៅ), sœur cadette de Sereymon, également chanteuse, et considérée comme « la plus élégante des chanteuses populaires de sa génération ».
Je vous propose donc de découvrir cette jeune chanteuse dans son interprétation d’une chanson intitulée Nouvel An (ឆ្នាំថ្មី). Dans cette chanson, une jeune fille qui a quitté sa campagne pour aller travailler à Phnom Penh, s’adresse à son fiancé, au moment de rentrer à la campagne, en l’assurant de son amour et de sa fidélité et en lui demandant de ne pas donner crédit aux rumeurs qui disent que la jeune fille, partie depuis de nombreux mois, a trouvé un mari à la capitale.
Le clip vient de Youtube. (Sereymon apparaît à de multiples reprises dans le clip.)

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