Palmiers du Cambodge

Les palmiers, classés par les botanistes dans la famille des arécacées Arecaceae ou palmacées Palmae (les deux noms sont synonymes), sont des plantes monocotylédones se reconnaissant facilement par leur tige non ramifiée, appelée stipe, surmontée d’un houppier de feuilles pennées ou palmées. Les palmiers symbolisent les déserts chauds, les côtes et les paysages tropicaux (voir ici l’article que Wikipedia consacre en français à la famille des arécacées). Notons que les rotins appartiennent aussi à la famille des Arecaceae.
Plusieurs représentants de cette famille se trouvent au Cambodge. Je propose ici de présenter rapidement les principales espèces, dans l’ordre alphabétique de leurs noms binomiaux. Dans ce billet, trente espèces sont citées. Le site Palmpedia cite quelque 37 espèces présentes au Cambodge, la liste donnée ici n’est donc pas exhaustive. J’ai dressé ma liste en m’appuyant sur la Flore photographique du Cambodge et sur le Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge. Sauf mention contraire, toutes les illustrations données ici viennent du site Palmpedia.
Une remarque : malgré son apparence, l’arbre du voyageur (Ravenala madagascariensis), en khmer ចេកផ្លិត [chek phlet], ចេកកាល [chek kal] n’est pas un palmier ; il appartient à la famille des strélitziacées, comme le fameux « oiseau de paradis » (Strelitzia reginae), bien connu des fleuristes.
Areca catechu, ស្លា [sla], fr. : aréquier, palmier à bétel ; an. : betel nut tree ; ch. : 槟榔树 [bīnglángshù]
Il s’agit d’une plante monoïque : un même individu porte des fleurs mâles et des fleurs femelles. Ce palmier atteint la taille respectable de 15 à 30 mètres. Ses feuilles sont longues de 1 à 1,8 m. L’aréquier porte des fruits fibreux, ovoïdes jaunes, jaune orange ou rouges. Ces fruits sont connus sous le nom de noix d’arec et, mélangés avec des feuilles de Piper betle (feuilles de bétel) et de la chaux donnent le bétel. Le bétel est une chique très populaire en Asie du Sud-Est. Elle teinte la salive en rouge. À Taiwan, les inflorescences (槟榔花 [bīnglánghuā]) peuvent être consommées sous forme de sauté, le plus souvent avec du porc (j’avais présenté cet ingrédient culinaire sur Sinogastronomie, ici) ; à Formose également, il arrive aussi que l’on consomme le « cœur d’aréquier » (槟榔心 [bīnglángxīn], appelé aussi 半天笋 [bàntiānsǔn]) lorsque les arbres sont abattus par les typhons. (Sources : Flore photographique du Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine, données personnelles)
Areca triandra, ស្លាព្រៃ [sla prey], fr. : aréquier sauvage ; (nom anglais inconnu) ; ch. : 三药槟榔 [sānyào bīngláng]
Les fruits peuvent être chiqués avec le bétel, comme la noix d’arec. Le tronc est recherché pour la construction des cases. Le bourgeon apical, souvent appelé « chou palmiste » est comestible. Mais la récolte de ce bourgeon provoque la mort du palmier, car ce dernier est incapable de former des branches latérales. (Sources : Dictionnaires des plantes utilisées au Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine, site Useful Tropical Plants)
Arenga pinnata, ជក់ [chǔk], ដូងព្រៃ [dong prěy], ត្នោតជ្រៃ [tnaot chrěy], ដូងប្រេង [dong preng], fr. : palmier sucré, an. : sugar-palm ; ch. : 桄榔 [guāngláng] ; 沙木 [shāmù]
Palmier haut de 7 à 10 mètres. Au Cambodge, cette espèce est assez rare. On utilise ses fibres pour en faire des cordages. Dans d’autres pays, la sève sucrée sert à faire du Sucre. Zhou Daguan (Tcheou Ta-kuan), dans le premier paragraphe (« La ville murée ») de ses Mémoires sur les coutumes du Cambodge, cite le nom chinois de ce palmier (桄榔 [guāngláng]), en disant que « sur le rempart, on a semé en certains endroits des arbres guanglang » (voir la traduction de Paul Pelliot) ; je soupçonne fort que Zhou veut parler en réalité du palmier à sucre (Borassus flabellifer), qu’il ne connaissait pas. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisées su Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine, données personnelles.)
Arenga westerhoutii, (noms khmer et français inconnus), an. : Westerhout’s sugar palm ; (nom chinois inconnu)
Palmier solitaire qui culmine à une hauteur de 12 mètres, avec un gros stipe court. Les fruits sont globuleux, verdâtres et noirs à maturité. La feuille sert comme chaume pour couvrir les toits. Ce palmier sert localement à la production de sucre. Le jeune fruit est utilisé pour préparer des bonbons au goût agréable ; le cœur est consommé occasionnellement. (Source : Flore photographique du Cambodge)
Borassus flabellifer, ត្នោត [tnaot], fr. : borasse, rônier, palmier (de) Palmyre, palmier à sucre ; an. : doub palm, Palmyra palm, Tala palm, toddy pal, wine palm ; ch. : 糖棕 [tángzōng] ; 扇椰子 [shànyēzi] ; 扇叶树头榈 [shànyè shùtóu lǘ]
Palmier essentiel dans la civilisation khmère ! Il s’agit d’un palmier dioïque (il existe des arbres mâles et des arbres femelles), qui atteint une hauteur de 20 à 25 mètres. Il connaît de très nombreuses utilisations : 108 usages selon certaines sources cambodgiennes, pas moins de 801 usages selon un ancien poème tamoul. Ce palmier est connu notamment pour son sucre, produit à partir de sa sève. (Je prévois de consacrer une longue série de billets à ce palmier et à ses usages au Cambodge.) (Source : Flore photographique du Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine, données personnelles)
Calamus bousigonii, ផ្ដៅអារ៉េច [pdav aréch] ; (noms français, anglais et chinois inconnus)
Palmier lianescent à tige ascendante, parfois grimpante, longue de 26 à 30 mètres, croissant près des cours d’eau. On le rencontre en Thaïlande, au Cambodge et au Vietnam. Tige employée pour faire des nattes et des meubles. (Source : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
Calamus palustris, ផ្ដៅឈ្វាំង [pdav chhvéang], ផ្ដៅជូរ [pdav chu] ; (noms français et anglais inconnus) ; ch. 泽生藤 [zéshēngténg]
Grand rotin grimpant à 30 m de haut des forêts semi-denses du Cambodge et du Sud-Vietnam. Fruits comestibles. Tige souple et résistante très bonne pour les travaux de vannerie. Présent dans le sud de la Chine. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine)
Calamus rudentum, ផ្ដៅដំបង [pdav dâmbâng] ; (noms français, anglais et chinois inconnus)
Grand palmier sarmenteux, peu grimpant, à tige longue jusqu’à 100 mètres, rencontré en forêts humides et inondées du Cambodge et du sud du Vietnam. Les fruits sont comestibles. Les tiges servent à de multiples usages : fabrication des radeaux, des câbles, des amarres, en vannerie comme armatures de meubles, pour faire des liens pour animaux, ou des cannes de luxe. (Source : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
Calamus saliciformis, ផ្ដៅរពាក់ [pdav ropěak], រពាក់ [ropěak] ; (noms français, anglais et chinois inconnus)
Petit rotin buissonnant, souvent grimpant, à tiges longues de 2 à 4 m, rencontré dans les endroits déboisés et près des habitations du Cambodge et du Sud-Vietnam. Fruits comestibles, mangés surtout par les enfants. Tige employée en vannerie. Les racines sont utilisées en pharmacopée comme purgatives et hypotensives. La médecine vétérinaire les utilise pour le traitement des maladies des chevaux. (Source : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
(L’illustration du fruit vient du site Chanbokeo, ici)
Calamus tetradactylus, ផ្ដៅសាង [phdav sang], ផ្ដៅសែង [phdav saeng]; an. : multi-spined white rattan ; ch. : 白藤 [báiténg], 鸡藤 [jīténg]
Grand rotin à tige longue de 20-70 m, d’origine chinoise (Hainan), rencontré au Cambodge dans les formations secondaires près des cours d’eau. Fruits comestibles. Rotin très apprécié en vannerie. Les décoctions de racines sont absorbées contre la fièvre. En Chine, se trouve dans les provinces du Fujian, du Guangdong, de Hainan et du Guangxi. Présent aussi à Hong-Kong et au Vietnam. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisés au Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine)
Calamus viminalis, ផ្ដៅក្រែក [pdav praek] ; (noms français et anglais inconnus) ; ch. : 柳条省藤 [liǔtiáoshěngténg]
Rotin grimpant à tige longue de 2 à 15 mètres, rencontré en forêts semi-denses ou en arrière-mangrove de l’Indochine et de l’archipel malaise. Employé en vannerie grossière et pour faire des cordages ainsi que pour la fabrication de cannes. En Chine, on trouve ce rotin dans la province du Yunnan. Les pousses sont comestibles et les fruits sont parfois vendus ; la pulpe des fruits mûrs est également comestible. À partir de ce rotin, on fabrique aussi divers outils et objets. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisées au Camnbodge, Flore de la République Populaire de Chine, Palmpedia)
Caryota mitis, ទន្សែតូច [ronsae tôch] ; fr, : caryote doux, palmier à queue de poisson de Birmanie, caryote drageonnant ; an. : fishtail palm, clustered fishtail palm ; ch. : 短穗鱼尾葵 [duǎnsuì yúwěikuí], 酒椰子 [jiǔyēzi]
Palmier cespiteux de 2 à 10 mètres. Les fruits sont des baies globuleuses, terminées par un stigmate discoïde. La moelle de la tige est comestible et fournit un féculent analogue au sagou. Le cœur est comestible, il est consommé par les Iban, groupe indigène du sud-ouest de Sarawak, à l’est de la Malaisie. Avec les fruits, on peut faire un vin de palme. Par évaporation du sucre et distillation on peut fabriquer une liqueur. L’amas feutré des poils de l’aisselle sert comme amadou que les médicastres brûlent sur la partie malade du patient. (Sources : Flore photographique du Cambodge, Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge, Les Palmiers tropicaux (publication de la FAO), Flore de la République Populaire de Chine, Wikipedia)
Caryota urens, ទន្សែ [tonsae], fr. : palmier céleri, palmier rasta ; an. : fishtail palm, jaggery palm, toddy palm ; ch. : 董棕 [dǒngzōng], 酒假桄榔 [jiǎjiǎguāngláng], 果榜 [guǒbàng]
Les feuilles donnent des fibres solides, employées en vannerie. Les fleurs peuvent être utilisées pour l’extraction du sucre. Les tiges coupées donnent un sucre qui peut fermenter en vin. Le fruit, débarrassé de ses poils raides, est sucré et agréable à manger. Le tronc peut être employé en construction. En Inde, la fécule extraite du stipe de Caryota urens ou sagou, constitue une source d’aliments chez certaines populations tribales. Ce produit est presque similaire à la fécule du sagoutier (Metroxylon sagu) d’Asie du Sud-Est. En Chine, on trouve ce palmier dans les régions du Guangxi et du Yunnan. L’extrémité des jeunes arbres peut être utilisée comme légume. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge, Les Palmiers tropicaux, Flore de la République Populaire de Chine)
Cocos nucifera, ដូង [dông], fr. : cocotier ; an. : coconut, coconut palm, copra ; ch. : 椰子 [yēzi]
Il existe de nombreuses variétés ou cultivars du cocotier. Toutes les parties du cocotier sont utiles. Les feuilles servent à couvrir les maisons ou décorer des portiques, des salles de fêtes ou de réunion. Les fleurs sont parfois employées dans les cérémonies de mariage. La partie la plus utilisée est le fruit, ou noix de coco dont l’eau (albumen liquide) sert de boisson rafraîchissante. Le coprah (albumen solide) donne une huile aux usages multiples (cuisine, cosmétique…). L’enveloppe fibreuse du fruit s’utilise généralement pour faire des balais. En pharmacopée, les racines du cocotier sont réputées efficaces contre la dysenterie. La noix, débarrassée de ses fibres, brûlée sur les cendres chaudes, laisser exsuder une matière huileuse employée pour calmer les maux dentaires. La nervure centrale des feuilles est utilisée pour attacher les extrémités des feuilles de bananier qui enveloppent les gâteaux de riz glutineux grillés (នំអន្សមអាំង [nom ânsang ang]). Le cœur de cocotier est populaire en Thaïlande comme légume. Un petit nombre de plantations a été créé récemment spécialement dans le but de produire des cœurs de cocotier. Des cultivars sélectionnés sont plantés avec un espacement moins important, d’environ 1,5 à 2 m, et les cœurs sont cueillis au bout de deux ans. Aujourd’hui, ce produit est disponible toute l’année en Thaïlande. Les cœurs sont préparés sautés, ou ajoutés à des currys. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge, Tools and Practices, Les Palmiers tropicaux, Flore de la République Populaire de Chine, JIRCAS)
Corypha umbraculifera, ទ្រាំង [tréang] ; fr. : latanier ; an. : talipot ; ch. : 贝叶棕 [bèiyèzōng], 行李叶椰子 [xínglǐyè yēzi]
Palmier pouvant atteindre une dizaine de mètres de hauteur, rencontré en forêt semi-dense de la péninsule indochinoise. Les feuilles jeunes, qui peuvent atteindre une longueur de 12 mètres (pétiole compris) sont utilisées pour confectionner les ôles sur lesquelles sont écrits les sutras. Les fruits servent de stupéfiants pour les poissons ; les pêcheurs les emploient dans ce but en période de basses eaux. On peut extraire la sève de l’arbre en incisant l’inflorescence ; cette sève peut servir à confectionner du vin de palme ou du sucre. Les jeunes graines, cuites dans un sirop de sucre, sont comestibles (attention : les graines matures sont vénéneuses). La moelle séchée de l’arbre donne un amidon comestible. D’autres parties de la plante sont utilisées en pharmacopée. (Sources : Dictionnaires des plantes utilisées au Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine)
Dypsis lutescens (syn. Chrysoladocarpus lutescens) ; (nom khmer inconnu) ; fr. : palmier cane d’or, palmier multipliant, areca, palmier d’arec ; an. : areca palm, buttefly palm, cane palm, golden yellow palm, yellow butterfly palm, yellow palm ; ch. : 散尾葵 [sǎnwěikuí], 黄叶子 [huángyēzi]
Palmier monoïque pouvant atteindre la taille de 12 mètres, souvent à stipes groupés par 6 à 10. Les fruits sont des drupes ovoïdes, à endocarpe fibreux. Ce palmier est menacé dans son habitat naturel (zones sableuses proches des rivages), mais très commune comme palmier d’intérieur. Originaire de Madagascar, il est souvent cultivé dans les jardins du sud de la Chine, à cause de sa forme élégante. (Sources : Flore photographique du Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine)
Elaeis guineensis, ដូងព្រេង [dong préng] ; fr. : palmier à huile ; an. : oil palm ; ch. : 油棕 [yóuzōng], 油椰子 [yóuyēzi]
Palmier haut de 4-15 m, originaire de l’Afrique occidentale, introduit comme ornemental dans les jardins publics. L’huile des fruits peut être utilisée pour la fabrication des bougies et des savons, celle extraite des graines sert dans l’alimentation. Ce palmier est cultivé dans les régions tropicales de Chine : Taiwan, Hainan et Yunnan. L’huile extraite des grains peut servir d’huile de cuisine, mais elle est surtout massivement utilisée par l’industrie alimentaire. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine)
Korthalsia bejaudii, ផ្ដៅព្រះ [phdav préah], ព្រះផ្ដៅ [préah phdav] ; (noms français, anglais et chinois inconnus)
Palmier grimpant, épineux, à feuilles en forme d’éventail, des forêts du Cambodge où il semble endémique. Les tiges sont utilisées pour la fabrication des cannes de luxe et des paniers. (Source : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
(Je n’ai pas trouvé d’illustration pour ce palmier, qui est inconnu sur Palmpedia.)
Korthalsia laciniosa, ផ្ដៅសោម [phdav saom], ផ្ដៅសឹង [phdav seung] ; (noms français, anglais et chinois inconnus)
Grand palmier grimpant très haut dans les arbres de la forêt dense de l’Indochine, de la péninsule malaise, des îles Nicobar et Andaman, de l’Indonésie (Sumatra, Java) et des Philippines. Espèce recherchée pour la confection des cordes et des paniers. (Source : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
Licuala spinosa, ផ្អាវ [ph’av] ; fr. : licuala épineux ; an. : mangrove fan palm ; ch. : 刺轴榈 [cìzhóulǘ]
Palmier, haut de 2-7 m, à tronc épais de 4-7 cm, croissant dans les régions humides d’eau douce et salée de l’Asie tropicale. Les feuilles sont utilisées pour la confection de chapeaux et pour envelopper les aliments. Le cœur et le bourgeon terminal sont appréciés comme légumes. En pharmacopée cambodgienne, les racines entrent dans la composition d’un remède fébrifuge et pour la santé du fœtus. L’écorce du tronc serait efficace contre la tuberculose. En Chine, est présent sur l’île de Hainan. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine)
Livistona saribus (syn. Lavistona cochinchinensis), ទ្រៀក [treak] ; fr. : palmier crocodile ; an. : taraw palm ; ch. : 大叶蒲葵 [dàyè púkuí], 大蒲葵 [dàpúkuí]
Grand palmier, haut de 20 à 25 mètres, épais de 15 à 30 cm, des formations denses ou secondaires de l’Asie tropicale. Les feuilles servent à couvrir les paillotes et à faire des chapeaux. En Chine, on trouve ce palmier dans les provinces du Guangdong, de Hainan et du Yunnan. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine)
Myrialepis paradoxa, ផ្ដៅស្នោ [phdav snao], ផ្ដៅមាស [phdav meas], ត្រែសអាចម៍ [traeh sach], មាន់ [moan] ; fr. : rotin ; an. : rotan kertong, kertong rattan, rattan ; (nom chinois inconnu)
Palmier grimpant dont la tige peut atteindre 40 mètres, rencontré dans les forêts secondaires, près des cours d’eau de la péninsule indochinoise, de la péninsule malaise, à Singapour et à Java. Les tiges sont employées en vannerie pour faire des cannes et des cordages. (Source : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
Nypa fruticans, ចាក [chak] ; fr. : cocotier d’eau, palmier nipa ; an. : nipa palm ; ch. : 水椰 [shuǐyē], 露壁 [lùbì], 烛子 [zhúzi]
Palmier, haut de 2 à 10 m, croissant dans l’eau salée ou saumâtre des mangroves d’Asie et d’Océanie. Les feuilles servent à envelopper certains gâteaux, tels les « num katâm » (នំកាតំ) et souvent à couvrir les toitures. Les inflorescences peuvent être utilisées, comme celles du palmier à sucre, pour la fabrication du sucre, du vinaigre et de l’alcool. Les jeunes feuilles peuvent être consommées crues ou confites. Les feuilles peuvent servir pour couvrir les toits ou pour tresser des paniers. En Chine, ce palmier est présent dans le sud-est de l’île de Hainan. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine)
Oncosperma tigillarium, ស្លាតាឱន [sla ta’aon] ; (noms français, anglais et chinois inconnus)
Palmier, haut de 20-30 m, à stipes en touffes, armés de longues épines noires. Commun dans les forêts littorales, au bord des cours d’eau du Cambodge et du Vietnam du Sud, très abondant dans la province de Koh Kong au Cambodge. Bois noir, très dur, utilisé comme pieux dans la construction des barrages, la fabrication de planches, la confection des baleines de parasol. Fruit vert pouvant remplacer la noix d’arec dans la chique du bétel. (Source : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
Phoenix dactylifera, លម៉ើ [lomeu] ; fr. : palmier-dattier, dattier ; an. : date palm ; ch. : 海枣 [hǎizāo], 波斯枣 [bōsīzǎo], 无漏子 [wúlòuzi] ; 番枣 [fānzǎo] ; 伊拉克枣 [yīlākèzǎo] ; 枣椰子 [zǎoyēzi], 仙枣 [xiānzǎo]
Palmier, haut de 2 à 8 m, cultivé par des peuplades de l’Arabie et de l’Afrique du Nord vers 4000 avant J.-C. pour ses fruits sucrés, importés jusqu’en Indochine, assez appréciés des Cambodgiens. La sève prélevée à partir de ses inflorescences peut également servir à produire du sucre, ses feuilles peuvent être utilisées pour fabriquer du papier. Le bois est utilisé en construction. (Sources : Flore de la République Populaire de Chine, Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
Phoenix loureiroi (syn. Phoenix hanceana), កំពេញ [kâmpénh], ដើមប្រើស [daem praeh] ; (nom français inconnu) ; an. : mountain date palm ; ch. : 刺葵 [cìkuí]
Palmier pouvant atteindre une hauteur de six mètres. Les fruits sont des baies oblongues. D’après la Flore de la République Populaire de Chine, ces baies sont comestibles ; d’après Pauline Dy Phon, le fruit a la saveur de la datte. Les jeunes pousses peuvent être consommées en légumes. Le bourgeon constitue une excellent chou palmiste très recherché. La feuille peut servir de balai. (Sources : Flore photographique du Cambodge, Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine)
Pinanga cochinchinensis (syn. Pinanga sylvestris), ស្លាស្ងាប [sla sngap] ; (noms en français, anglais et chinois inconnus)
Palmier, haut de 2-4 m, des formations surtout littorales du Cambodge et du Vietnam du Sud. Fruits pouvant remplacer la noix d’arec dans la chique du bétel. On les emploie quelquefois comme appâts pour la pêche. (Source : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
Pinanga duperreana, ស្លាខ្មៅ [sla khmav], ស្លាកណ្ដុរ [sla kândol] ; (noms français, anglais et chinois inconnus)
Palmier grêle, croissant en touffes, haut de 2 à 6 m, des formations denses et semi-denses de plaine et de moyenne altitude, du Cambodge, du Laos, du Vietnam. Le bourgeon terminal et la moelle du tronc sont comestibles. Les fruits peuvent remplacer la noix d’arec dans la chique du bétel. (Source : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
(Je n’ai trouvé aucune image de ce palmier.)
Plectocomia pierreana (syn. Plectocomia cambodiana), ផ្ដៅត្រែស [phdav traeh], ផ្ដៅអាចម៍មាន់ [phdav ach moan] ; (noms français, anglais et chinois inconnus)
Palmier grimpant long de 10 à 20 mètres, épineux, des forêts denses du Cambodge, rencontré surtout dans les provinces de Kampot et de Kampong Chhnang. Les tiges servent à faire des cordages et des objets de vannerie. (Source : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge)
Roystonea regia, ស្លាបារាំង [sla barang] ; fr. : palmier royal, palmier royal de Cuba ; an. : royal palm, Cuban royal palm, Florida royal palm ; ch. : 王棕 [wángzōng] ; 大王椰子 [dàwáng yēzi]
Palmier, haut de 4 à 8 mètres, originaire de Cuba, planté le long de certaines avenues et parcs publics comme ornemental. En Chine, ce palmier est cultivé dans les régions chaudes du sud. Le fruit contient de l’huile et peut être utilisé comme fourrage pour les porcs. Les feuilles sont utilisées pour les toitures et le bois pour la construction. Les racines sont utilisées comme diurétique. (Sources : Dictionnaire des plantes utilisées au Cambodge, Flore de la République Populaire de Chine, Wikipedia)

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Cinoche : Tum Teav (2003)

L’histoire de Tum Teav (ទុំទាវ) est connue de tous les Cambodgiens. Il s’agit d’une tragédie d’amour classique, rédigée sous la forme d’un long poème, qui circule depuis au moins le milieu du XIXème siècle. Ce long poème est le plus souvent attribué à Bothumthera Saom (បទុមត្ថេរ សោម), moine et poète, mais d’autres auteurs sont également cités. Tum Teav a été traduit en français par Étienne Aymonnier (je n’ai pas trouvé cette version sur Internet) et en anglais par Georges Chidas (en 1915 ; cette traduction a été rééditée en 2005 par le Documentation Center of Cambodia, je l’ai trouvée ici au format pdf). Feu le professeur Khin Sol a également traduit en français la version de l’histoire de Tum Teav que l’on trouve dans les chroniques royales.
Plusieurs films ont été tournés qui s’appuient sur la trame de Tum Teav : en 1966, un film produit par l’Association des cinéastes cambodgiens ; en 1972, une version proposée par Indra Devi Film. Mais la version la plus connue est sans doute celle sortie en salle en 2003, dirigée par Fay Sâm’ang (ហ្វៃ សំអាង) et produite par Madame Kung Socheat (គង់ សុជាតិ). Ci-dessous, le résumé du film Tum Teav de 2003 :
Tum (ទុំ) est le nom d’un jeune et beau bonze, chanteur de talent. Teav (ទាវ) est celui d’une belle jeune fille. Tum est envoyé par son maître chanter dans un village. Dans ce village, il rencontre Teav, et le bonze et la jeune fille tombent éperdument amoureux l’un de l’autre au premier regard. De retour dans sa pagode, Tum se languit de Teav et décide de se défroquer pour pouvoir retrouver celle qui occupe son cœur, malgré les avertissements de son maître qui prédit une fin tragique à cette histoire. Retourné à l’état laïc, Tum revient au village et rencontre à nouveau Teav, qui s’offre à lui. Mais Tum, remarqué pour ses talents de barde, est envoyé au palais et le roi en fait son chanteur royal.
Pendant que Tum est au palais royal, la mère de Teav a vent de l’histoire d’amour qui s’est nouée entre les jeunes gens et, pour couper court à cette idylle, elle s’empresse d’organiser le mariage entre Teav et le fils du puissant gouverneur de la province.
Sur ces entrefaites, le chef de la garde royale, de passage au village, remarque Teav en raison de sa beauté exceptionnelle et, pensant qu’elle ferait une bonne épouse pour le roi, décide d’emmener Teav et sa mère au palais pour présenter la jeune fille au monarque.
Ce dernier est subjugué par la beauté de Teav et décide sans retard de l’épouser. Pour l’occasion, il demande à son chanteur royal de composer une ode. Tum écrit une chanson d’amour magnifique mais empreinte de tristesse. Teav, voyant son amant et entendant la chanson, est à l’agonie. Le roi comprend que Tum et Teav sont amants et décide de renoncer à son projet de mariage pour que les tourtereaux puissent convoler en justes noces.
De retour au village, la mère de Teav est prise à parti par le gouverneur de la province qui pense que l’on s’est joué de lui. La mère de Teav fait alors revenir cette dernière au village, en prétextant une grave maladie. Lorsque Teav revient, elle s’aperçoit que sa mère a en réalité organisé son mariage avec le fils du gouverneur. Désespérée, elle fait envoyer de toute urgence une missive à Tum. Ce dernier, apprenant la nouvelle, obtient que le souverain émette un décret royal pour empêcher le mariage de Teav avec le fils du gouverneur.
Arrivé au village, Tum, croyant qu’il est trahi par son aimée, ne va pas présenter immédiatement le décret royal au gouverneur, il s’enivre. Lorsque, finalement, il se présente à la maison de la jeune fille, il est emporté par les gardes du gouverneur. Devant la résistance et l’obstination du jeune homme, le gouverneur le fait mettre à mort.
Apprenant le décès de son aimé, Teav se précipite dans la forêt, trouve le corps sans vie de Tum et se suicide de désespoir. Le roi fait arrêter le gouverneur et les principaux protagonistes de l’affaire. Tous sont exécutés.
Le scénario de ce film a été co-écrit par Fay Sâm’ang et la célèbre romancière Mao Sâmnang (ម៉ៅ សំណាង). Le succès de cette version a été considérable. Le rôle de Tum est joué ici par Suk Sophea (ស៊ុក សុភា), celui de Teav par Danh Monika (ដាញ់ ម៉ូនីកា). Le film dure 105 minutes.
Le film est visible sur Youtube (il y a malheureusement un problème de synchronisation de la bande son) :

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Expression : Tonnerre annonciateur

Dans le premier chapitre de son ouvrage Les Khmers daeum, Marie Alexandrine Martin cite une expression fort imagée, utilisée pour parler du tonnerre matinal qui retentit à la fin de la saison des pluies, en octobre-novembre. Ce tonnerre, explique-t-elle, « conseille aux escargots de montagne de se trouver un gîte avant la sécheresse. (…) De même pour les petits crabes de rizière, ou ceux qui habitent les berges des fleuves et le bord de la mer. »
L’expression mentionnée par M. A. Martin est la suivante :
ផ្គរផ្ដាំក្ដាមខ្យង [phkô phdǎm kdam khchyâng], littéralement : le tonnerre fait ses recommandations aux crabes et escargots
ផ្គរ [phkô] tonnerre
ផ្ដាំ [phdǎm] conseiller, recommander
ក្ដាម [kdam] crabe
ខ្យង [khyâng] escargot (Note : Le mot ខ្យង, traduit par « escargot », s’applique en fait à tous les gastéropodes, marins ou terrestres. L’orthographe khmère du mot suggère la prononciation [khyâng], mais la prononciation courante est plutôt [khchyâng].)
Le jeu d’allitérations et d’assonances confère, me semble-t-il, beaucoup de poésie à l’expression.

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Bibliographie : Keo Narom, Contes des montagnards

On désigne sous le terme générique de « montagnards » (en khmer ខ្មែរលើ [khmae leu], littéralement « Khmers d’en haut ») les ethnies minoritaires du Cambodge, le plus souvent installées dans les zones montagneuses, notamment dans les provinces de Ratanakiri et de Mondolkiri.
Madame Keo Narom (កែវ ណារុំ), spécialiste bien connue de la musique cambodgienne, a recueilli auprès de conteurs quelque 45 histoires des ethnies Pnong, Jaraï, Tompuon, Prov, Kreung, Steang…
Ces contes mettent en scène essarteurs et chasseurs, génies et démons, animaux bavards qui débattent avec les hommes, ogres et ogresses… Ils sont souvent empreints d’humour et de tendresse, parfois terrifiants, souvent passionnants. À leur lecture, on est le témoin ému des villageois travaillant dans leurs essarts, des chasseurs et cueilleurs pénétrant dans la forêt dense et inquiétante à la recherche de nourriture, des animaux sauvages et des génies de la forêt qui interagissent avec les hommes. Comme de nombreux contes des Khmers des plaines, ces récits racontent aussi la genèse des montagnes, des lacs et des rivières des hauts-plateaux du Cambodge.
Le recueil, intitulé en khmer រឿងព្រេងខ្មែរលើ ([reueng préng khmae leu], Contes des montagnards) a été publié en 2011 par les éditions Nokor Vat, spécialisées dans la publication d’ouvrages relatifs à la culture cambodgienne traditionnelle.
ISBN : 978-99963-28-05-3
Le livre se trouve facilement dans de nombreuses librairies de Phnom Penh, notamment à Carnets d’Asie.

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Vidéo : Sculpture de la statue de Jayavarman VII par les Artisans d’Angkor

Sur Youtube, une vidéo (signalée par un ami Facebook) résumant en moins de deux minutes le travail de sculpture de 576 heures nécessaires à un sculpteur des Artisans d’Angkor pour reproduire la fameuse statue de Jayavarman VII conservée au Musée Nationale à Phnom Penh à partir d’un bloc de pierre. À savourer sans modération :

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Partie de chasse chez les Khmers daeum

Je signale aux amateurs de récits de chasse un billet publié ici sur Sinogastronomie à propos de la chasse chez les Khmers daeum (ខ្មែរដើម), les « Khmers de l’origine », d’après Marie Alexandrine Martin.

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Idiotisme : Le vieux bœuf et l’herbe tendre

En chinois, pour parler d’un homme d’un âge certain qui a un penchant pour les donzelles de tous poils, on utilise l’image d’un vieux bovin qui affectionne particulièrement l’herbe tendre. On dit dans l’Empire du Milieu : 老牛吃嫩草 [lǎoniú chī nèncǎo].
Il me semble que l’inclination des mâles grisonnants pour les jeunes gazelles soit universelle, aussi ne m’étonné-je pas de retrouver exactement la même expression en khmer :
គោចាស់ស៊ីស្មៅខ្ចី [kô chǎh si smav khcheǐ].
On trouve aussi cette expression sous la forme គោចាស់ប៉ះស្មៅខ្ចី [kô chǎh pah smav khcheǐ]
Vocabulaire :
គោ [kô] (terme générique) bovin
ចាស់ [chah] vieux
ស៊ី [si] manger (pour un animal)
ស្មៅ [smav] herbe
ខ្ចី [khchei] vert, tendre
ប៉ះ [pah] toucher, heurter

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