Cinoche : Apsara, 1966

Le film Apsara (អប្សារា) est une comédie mélodramatique tournée en 1966 par le roi Norodom Sihanouk, qui en a été le réalisateur, le scénariste et le dialoguiste.
Le scénario est assez convenu : le général Ritthi, qui a pour maîtresse une veuve plantureuse, Rattana, découvre lors d’une représentation du ballet royal la très jeune danseuse-étoile Kantha. Il est ébloui par la beauté de la jeune femme, et s’empresse de demander sa main à sa mère, d’origine modeste, qui accepte la demande en mariage sans demander son avis à la jeune fille. Or, Kantha est éperdument amoureuse d’un jeune lieutenant de l’Armée de l’Air, Phaly. Le lendemain du mariage, alors que l’hymen n’a pas encore consommé, Kantha s’ouvre au général Ritthi et lui avoue qu’elle se destinait depuis son plus jeune âge au beau et fringant aviateur.
Pendant un combat aérien, Phaly est grièvement blessé. Le général Ritthi, ému par l’amour qui lie les jeunes gens, lui rend sa liberté. Rien ne s’opposera donc plus à l’union de Kantha et Phaly. Quant au général, il finira par épouser la veuve.
Le rythme du film, qui dure plus de deux heures, est plutôt lent. Le scénario ne réserve aucune surprise, et le jeu des acteurs est assez insipide. Cependant, le film permet de découvrir le Phnom Penh des années 1960, période dont de nombreux Cambodgiens conservent un souvenir idyllique. On peut voir au passage le White Building, œuvre architecturale contemporaine bien connue (qui vient d’être démoli), ainsi que le théâtre Chaktomuk.
Le film a été tourné à Phnom Penh, Kirirom et Sihanoukville. Le film est sorti à Phnom Penh le 20 août 1967 au cinéma Lux et le 21 août 1967 au cinéma Kirirom.
Le rôle de Kantha est joué par la princesse Buppha Dévi, qui démontre brillamment sa maîtrise de la danse du ballet royal.
On apercevra aussi, lors de la réception qui suit le mariage du général et de la danseuse étoile, le chanteur cambodgien le plus populaire de tous les temps : Sin Sisamouth, qui interprète deux chansons en duo avec la chanteuse Sieng Dy (សៀង ឌី).
Le film peut être visionné sur Youtube dans sa quasi-intégralité (en VO, sans sous-titres). En France, il est accessible au CNC à la BnF (Paris) et à Bois d’Arcy (Yvelines).

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Liens utiles : Sounds of Angkor

« Sounds of Angkor » est le blog que Patrick Kersalé, ethnomusicologue et archéomusicologue, consacre à la musique khmère ancienne et moderne. Sur ce site, l’auteur présente les instruments de musique anciens et modernes du Cambodge, la musique ancienne, ainsi que les expositions qu’il organise et les conférences qu’il donne. « Sounds of Angkor » constitue une excellente introduction à la musique khmère.
Le site, en anglais, est disponible ici.
(Lien consulté le 20 septembre 2017.)

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Liens utiles : Situation linguistique du Cambodge

L’Université de Laval, et plus précisément la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord (CEFAN), consacre une partie de son site à « L’aménagement linguistique dans le monde ».
Une page du site est consacrée à la présentation sommaire de la situation linguistique du Cambodge. Cette page, en français, est accessible ici.
(Lien consulté le 20 septembre 2017.)

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Liens utiles : Buddhism for Education of Cambodia (BEC)

L’ONG Buddhism for Education of Cambodia (BEC, en khmer អង្គការ ពុទ្ធសាសនាដើម្បីអប់រំនៃកម្ពុជា, abrégé en ព.អ.ក.) a été fondée en 2012 à Battambang par des moines bouddhistes. Son but est de promouvoir les valeurs morales du bouddhisme et d’œuvrer pour le bien-être social.
BEC agit notamment dans le domaine de l’éducation des Khmers de toutes les couches de la société, en étroite coopération avec l’Université Bouddhiste de Battambang.
Le site, en grande partie en anglais, est accessible ici.
(Lien consulté le 20 septembre 2017.)

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Bibliographie : Michel-Cosme Bideau, Chaos khmer

Michel-Cosme Bideau a passé quelques mois au Cambodge en 1997. Écrivain et journaliste indépendant, il avait alors un projet assez vague d’enquête sur les adoptions internationales, qui commençaient déjà à faire l’objet de nombreuses controverses. Il s’est trouvé à Phnom Penh juste au moment où s’est déroulée ce que d’aucuns appellent pudiquement la « crise cambodgienne de 1997 », à l’occasion de laquelle le « second » premier ministre Hun Sen a évincé le « premier » premier ministre, le prince Norodom Ranariddh. (Pour en savoir plus sur cette crise, je vous invite à lire ici l’article de Wikipedia.) Des notes prises pendant ce séjour de quelques semaines au Cambodge, Michel-Cosme Bideau a finalement fait gros un roman de plus de 600 pages, intitulé Chaos khmer – Coup d’État au Cambodge, publié en avril 2017 aux éditions Transboréal (ISBN : 978-2-36157-187-0).
Dans ce roman, l’auteur nous présente le Cambodge de 1997 vu par un voyageur de passage : expats français (dont plusieurs membres de la rédaction du Cambodge Soir de l’époque), prostituées vietnamiennes, insécurité généralisée, adoptants américains et français, petit peuple de la capitale…
Les journalistes français présents sur place sont présentés comme de vrais professionnels, soucieux de bien accomplir leur tâche, et comme d’excellents connaisseurs du pays.
La prostitution, qu’elle soit le fait de Vietnamiennes ou de Cambodgiennes, est présentée sans détour, dans ses aspects les plus sombres.
Le trafic de faux orpehlins auquel se livrent des officines à but exclusivement lucratif, les implications mafieuses, le désarroi des adoptants, leurs difficultés sont omniprésents dans le roman.
Bien entendu, l’auteur a aussi accordé une large place aux évènements qui ont secoué la capitale cambodgienne en juin 1997. Il les décrit sans fard.
Du point de vue strictement littéraire, je dois avouer que je suis loin d’être sous le charme du style qui me semble manquer parfois de fluidité. L’édition n’est en outre pas exempte de fautes d’orthographe, parfois grossières, qui sont des plus agaçantes.
Malgré tout, ce roman ne me semble pas inintéressant, car il présente le Cambodge à une époque charnière de l’histoire contemporaine du pays.
Le prix éditeur du livre est de 14,90 euros. À Phnom Penh, Chaos khmer est disponible à la librairie Carnets d’Asie.

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Proverbe : Quand la tête est cuite…

Dans le roman An Apsara of Maha Nokor (បទុមកេសរ) de Madame Bunchan Soksiri (ប៊ុនចាន់ សុក្រសិរី), le héros, en pleine crise de jalousie, se voyant proposer de la mangue verte par son rival, lui rétorque qu’il n’aime que la mangue mure ; quand son rival lui dit que la saison de la mangue mure n’est pas encore arrivée, et lui propose de se contenter de mangue verte en attendant, le héros répond :
(ខ្ញុំមិនទម្លាប់) ឆ្អិនក្បាលស៊ីក្បាល ឆ្អិនកន្ទុយស៊ីកន្ទុយ។
ឆ្អិន [ch’en] cuit (s’oppose à ឆៅ [chau] cru)
ក្បាល [kbal] tête
ស៊ី [si] (familier ou pour les animaux) manger
កន្ទុយ [kântuy] queue
La traduction littérale est : (Je n’ai pas l’habitude de) Quand la tête est cuite, on mange la tête ; quand la queue est cuite, on mange la queue.
Le héros voulait dire par là qu’il n’était pas un opportuniste, une girouette…

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Les origines légendaires du dauphin de l’Irrawaddy (1)

Lors d’un séjour récent à Kratié, mon garnement et moi avons pu entrevoir quelques-uns des rares spécimens de dauphins de l’Irrawaddy (Orcaella brevirostris, en khmer ផ្សោត [p’saot]) qui vivent dans le Mékong à cet endroit. En préparation d’un billet consacré à cet animal emblématique, j’ai cherché des informations le concernant. C’est pendant le cours de ces recherches que j’ai trouvé deux contes khmers dans lesquels les origines de ce dauphin sont racontées. Voici le premier de ces contes.
Il était une fois un paysan qui avait attrapé un serpent femelle, qui avait le ventre gros. Rentré chez lui avec sa capture, le paysan étira l’animal et lui ouvrit le ventre. Du corps du reptile fut extrait un jeune serpent femelle. Sorti du ventre de sa mère, le jeune reptile, de peur, perdit connaissance. L’animal était en outre très faible.
Voyant cela, le paysan alla à la rivière puiser de l’eau qu’il versa sur le jeune animal dans l’espoir de lui faire reprendre connaissance, mais ce fut en vain, car l’animal était trop faible. En outre, le paysan ne parvint pas à nettoyer le sang qui souillait le corps du jeune serpent, aussi décida-t-il de plonger la bête dans une bassine d’eau chaude. Le jeune serpent reprit alors connaissance et se mit à pleurer en cherchant sa mère. Quand il ouvrit les yeux, le reptile fut pris d’une peur panique, car il se vit entouré d’une foule nombreuse. De plus, prenant conscience qu’il émettait une odeur forte du fait qu’il était couvert de sang, l’animal eut honte et se saisit d’un bol de métal appartenant au paysan pour s’en couvrit la tête, avant de se jeter dans le Mékong pour laver le sang qui lui couvrait le corps. Mais il eut beau frotter de toutes ses forces, le jeune reptile ne parvint pas à se débarrasser des taches dont il était souillé. En proie à une honte vive, il décida dès lors de ne plus jamais regagner la terre ferme et se transforma en dauphin. C’est le bol de métal dont le reptile s’était servi pour se cacher qui donna à la tête du dauphin sa forme ronde.
La mère serpent, ayant vu que sa fille s’était transformée en dauphin, fut prise d’une immense tristesse et se traîna jusqu’à la berge du fleuve pour y mourir. Une fois morte, la mère de la serpente se transforma en sterne(1), afin de pouvoir prendre veiller sur sa fille chérie. Et c’est la raison pour laquelle, là où se trouvent des dauphins, on voit toujours des sternes voler en cercles au-dessus de l’endroit, comme s’ils voulaient veiller sur les mammifères. Les paysans prétendent aussi que, dans une vie antérieure, le dauphin avait été un homme, aussi n’osent-ils pas manger la chair de cet animal.
Note : (1) Le mot utilisé en khmer pour désigner l’oiseau est រំពេរកូន [rompé kôn]. Le mot រំពេរ désigne de façon générique de nombreux oiseaux qui appartiennent à la famille des sternes. Je n’ai pas réussi à identifier de façon précise l’espèce appelée រំពេរកូន.
Ce conte khmer est inclus dans un texte consacré au dauphin de l’Irrawaddy, qui se trouve ici, sur le site de Cambodia Express News. Le nom de l’auteur du texte est cité en khmer : ម.ត្រាណេ. Je suppose qu’il s’agit de Michel Tranet, mais je n’ai pas retrouvé le texte original.
Ci-dessous, la photo d’une espèce présente au Cambodge, la sterne de rivière, Sterna aurantia, en khmer រំពេរទន្លេ. La photo vient du site du journal Kampuchea Thmey, ici.

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