Vie quotidienne : Nuisances sonores et spatiales sur la voie publique

Je dois déplorer ces jours-ci un décès dans notre voisinage immédiat.
Si je déplore, ce n’est pas seulement parce qu’une famille voisine a perdu un proche, mais c’est aussi en raison … des nuisances sonores et spatiales que cela implique !
Nuisances sonores : dès 5h15 (j’étais réveillé et j’ai consulté ma montre) ce matin, comme tous les matins de ces derniers jours, a commencé la litanie ininterrompue (jusqu’en fin d’après-midi), accompagnée des commentaires de l’officiant et du tintamarre des xylophones, offerte aux mânes de l’infortuné défunt.
Nuisances spatiales : comme il est de coutume, on offre aux personnes venues rendre leurs derniers aux hommages au disparu, une collation servie à table. Et comme les salons des habitations ne suffisent pas à recevoir la foule qui afflue, on installe dans la rue, devant la maison, un grand chapiteau abritant les tables dressées (en nombre variable), et un autre, plus petit, abritant la cuisine mobile chargée de la préparation des mets. Dès lors, la largeur de la chaussée est réduite aux dimensions congrues, permettant juste la circulation d’un véhicule automobile, dans un seul sens, bien sûr.
Notez que ces nuisances sonores et spatiales se produisent au Cambodge principalement à l’occasion de deux types d’évènements majeurs : funérailles et épousailles.
Pour être tout à fait honnête, j’ai déjà observé de type de manifestations sur la voie publique ailleurs qu’au Cambodge, à Taïwan, par exemple, où la coutume veut, surtout pour les mariages et surtout à la campagne, que l’on installe sur la voie publique un abri de toile provisoire, accueillant un nombre relativement important de tables et de chaises. Il me semble cependant que l’expression sonore de l’évènement dégageait un nombre de décibels modéré, et que la circulation automobile était aussi peu gênée que faire se peut.
Dans la société khmère, les relations sociales ont une grande importance, et les mariages et funérailles donnent lieu à des célébrations grandioses et bruyantes auxquels sont conviés parents, proches, amis, voisins et connaissances. Depuis notre arrivée dans le pays il y a trois ans déjà, j’ai toujours été étonné et, disons-le, gentiment amusé, par le caractère quelque peu expansif de ces manifestations de joie ou de tristesse.
Le cas échéant, attendez-vous donc à trouver un beau matin, sans avis préalable, une structure de toile et de tubes de fer érigée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire sur le trottoir qui borde votre habitation. Il y a quelques mois, nous nous sommes ainsi réveillés un matin avec, à droite de notre portail, la salle de banquet de fortune, et à, à gauche, la cuisine amovible. Seule obligation : laisser à peu près libre la largeur du portail, pour vous permettre d’entrer et de sortir sans trop de difficultés !
Mais la règle du libre-passage est parfois facultative puisque, si le statut social de la famille concernée le justifie, il n’est pas rare que ce soit une rue entière qui soit complètement coupée à la circulation, avec barrières métalliques et policiers en faction chargés de faire respecter l’interdiction de passage.
Pour les esprits chagrins non coutumiers du fait, le plus dur à supporter me semble être l’accompagnement sonore des funérailles, qui produit un nombre immodéré de décibels, et cela de l’aube au crépuscule.
La solution ? Le cartésien gaulois fraîchement débarqué voudra peut-être brandir l’arme de la loi, car j’ai découvert, assez amusé il faut le dire, qu’un sous-décret avait été publié en l’an 2000 par le gouvernement royal du Cambodge, relatif à la limitation de la pollution de l’air et des nuisances sonores (je vous propose la traduction anglaise à télécharger  ici). Je souhaite cependant audit cartésien bien du courage, car bien entendu, l’argument légal aura certainement autant d’effet qu’un cautère sur une jambe de bois. ☺
Autres solutions possibles : partir en vacances, prendre son mal en patience, ou opposer à l’évènement une indifférence de bon aloi.
(Ci-dessous, une tente de mariage installée dans la rue. J’ai emprunté la photo ici.)tente_mariage

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