Bibliographie : L’Étranger d’Albert Camus, en khmer

Le premier roman d’Albert Camus, L’Étranger, est le troisième roman francophone le plus lu dans le monde, après Le petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry et Vingt-mille Lieues sous les mers de Jules Verne.
L’Étranger a été traduit en soixante-huit langues. La version chinoise, intitulée Júwàirén (《局外人》) est bien connue des lecteurs chinois (de même, d’ailleurs, que La Peste 《鼠疫》 [shǔyì]).
La première traduction en khmer de L’Étranger avait été réalisée par un professeur de philosophie, Yi Cheang Eng, et avait été publiée en 1973 par les éditions Nokor Thom, la maison d’édition de Soth Polin. Cette traduction n’a jamais été rééditée et n’est aujourd’hui plus disponible dans les librairies du Cambodge.
Dans le cadre du programme de l’UNESCO qui avait permis la mise au point de la traduction d’un recueil de nouvelles de Maupassant (dont Khmerologie avait parlé ici), Be Puch et Christophe Macquet ont entrepris un travail de révision et de réédition de la traduction originale d’Yi Cheanhg Eng. Cette traduction originale n’était en effet pas exempte de défauts : omissions, sous-traductions, sur-traductions, contresens et interprétations erronées.
Le travail de Puch et de Christophe a consisté tout d’abord à ressaisir avec le jeu de caractères khmers de l’UNICODE l’ensemble du texte. L’orthographe a été corrigée sur la base de l’orthographe officiellement admise aujourd’hui par le gouvernement cambodgien, c’est-à-dire celle qui se base sur le Dictionnaire de khmer de Samdech Chuon Natt. Enfin, les défauts dont était entachée la traduction initiale ont été corrigés.
Finalement, le travail des relecteurs/réviseurs a permis de produire une traduction cohérente, exempte d’erreurs et de surcroît très fluide et très agréable à lire de L’Étranger. La richesse du vocabulaire en khmer est à signaler.
Cette traduction a été publiée très récemment (juillet 2020) par les excellentes éditions Kampu Mera (qui avaient également publié le recueil de nouvelles de Maupassant évoqué ci-dessus). Soulignons également que les éditeurs ont pris le soin d’obtenir des agents littéraires des ayant-droits d’Albert Camus l’autorisation de publier cette traduction. Le fait est assez rare chez les éditeurs cambodgiens pour être salué.
Comme c’est l’habitude chez Kampu Meru, la qualité physique du livre (mise en page, papier, reliure, couverture…) est irréprochable.
La nouvelle traduction en khmer de L’Étranger d’Albert Camus est en vente dans les meilleures librairies cambodgiennes. (ISBN : 9789924920731)

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Vidéo : Bophana – Une tragédie cambodgienne

La lecture du roman de So Phina, Bophana, m’a donné envie de revoir le documentaire signé de Rithy Panh sur le même sujet, intitulé Bophana – Une tragédie cambodgienne. Ce document est sorti en 1996.
Le fil directeur de ce film de 60 minutes est l’histoire tragique de Hout Bophana, jeune fille cambodgienne, et de son cousin Ly Sitha, qui deviendra son mari.
A l’époque du gouvernement du maréchal Lon Nol, Sitha, révolté par la corruption du régime et pour échapper à la conscription forcée dans l’armée nationaliste, rejoint le maquis khmer rouge. Bophana, après avoir été violée par un soldat de Lon Nol, se réfugie à Phnom Penh comme de nombreux Khmers de la campagne.
Le 17 avril 1975, elle fait partie des millions de Cambodgiens contraints de rejoindre la campagne et de travailler dans les coopératives agricoles du régime communiste. Sitha, devenu cadre, la retrouve. Il est basé à Phnom Penh, mais fait de nombreux déplacements en province. Bophana, qui ne peut le rejoindre, lui écrit des lettres enflammées.
Elle est finalement arrêtée et torturée pendant plusieurs mois à S21, « centre de sécurité » (comprenez prison politique) des Khmers rouges à Phnom Penh. Sitha est lui aussi envoyé à Tuol Sleng. Tous deux seront éliminés à Cheng Aek.
De façon plus générale, ce documentaire explique de façon succincte ce que fut le régime khmer rouge.
Bophana – Une tragédie cambodgienne, est accessible sur Youtube.

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Gastronomie : Les cuisses de grenouille cambodgiennes

On trouve sur l’Internet cambodgien une recette dont l’intitulé ne laisse pas d’intriguer : salade aux cuisses de grenouilles et fruits de mer (ញាំភ្លៅកង្កែបគ្រឿងសមុទ្រ [nhoam plov kangkaèp kroeung samot]). Certes, les Khmers ne dédaignent pas de consommer les batraciens, qu’ils ont l’habitude de vider, puis de farcir avec moult épices, avant de les coincer entre des pinces faites de fines lamelles de bambou et de les griller. Excellent, d’ailleurs ! En règle générale, cependant, les Khmers sont économes, et c’est en entier qu’ils consomment les grenouilles. Le plat susmentionné mis à part, je ne connais pas de plat khmer où seules les cuisses du pauvre animal sont utilisées.
Mais à y regarder d’un peu plus près et en observant la photo de ladite salade, on se rend compte qu’il y a méprise : les « cuisses de grenouilles » en question sont en réalité un légume, que les Khmers les ont affublées de ce nom sans doute en raison des nœuds de la tige du végétal, qui évoquent vaguement les articulations d’une cuisse de grenouille.

Cuisses de grenouille végétales (photo personnelle)

La cuisse de grenouille végétale porte le nom binomial d’Oenanthe javanica, espèce appelée en français « persil vietnamien » (sans doute en raison de ses feuilles dentelées). En Chine, on parle de « céleri aquatique » (水芹 [shuǐqín]), et le légume est bien connu dans la région de Suzhou car il fait partie des « huit fées des eaux », un ensemble de huit plantes aquatiques très apprécié des gourmands du cru.

Gros plan sur les feuilles (photo personnelle)

Au Cambodge, on lui prête des vertus médicinales : le jus des racines broyées dans l’eau serait efficace contre les intoxications alimentaires, et la plante entière aurait pour effet d’aider à soigner les mictions douloureuses et à réduire le taux de sucre dans les urines.
En gastronomie khmère, la cuisse de grenouille est fréquemment consommée en salade, en soupe, ou encore sautée nature ou à l’ail. Ci-dessous, la « salade aux cuisses de grenouilles et fruits de mer » :

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Intermède musical : Ros Serey Sothea, Demain nous devrons nous dire adieu

Parmi les nombreuses chansons khmères évoquées par So Phina dans son roman Bophana, se trouve une chanson interprétée par l’une des chanteuses cambodgiennes les plus célèbres la période d’avant les Khmers Rouges, Ros Serey Sothea (រស់ សេរីសុទ្ធា), intitulée Demain nous devrons nous dire adieu (ស្អែកអូនលាបងហើយ, littéralement « demain je serai séparée de toi »). Dans cette chanson, une jeune femme passe avec son aimé une dernière nuit avant que les amants ne soient séparés. Elle explique notamment qu’elle voudrait que cette nuit ne s’arrêtât jamais, qu’elle voudrait être Hanuman, qui tenta de dévorer le soleil, et qu’elle donnerait volontiers sa vie pour cela…
Voici le texte khmer de la chanson (je l’ai trouvé ici) :
រស់ សេរីសុទ្ឋា – ស្អែកអូនលាបងហើយ
1-ថ្ងៃស្អែកថ្ងៃថ្មីថ្ងៃស្រី ព្រាត់ទៅ
យប់នេះអូននៅរួមរស់ក្បែរបងអើយ
មិនយូរប៉ុន្មាន យប់នឹងកន្លង
ឱ្យអូន និងបងឃ្លាតគ្នារៀងៗ
2-អូនសែនស្រណោះចិត្តប្រុស ភក្ដី
ស្ម័គ្រស្មោះនឹងស្រីមិនដែល ចេះល្អៀងអើយ
ឥឡូវត្រូវឃ្លាត ក្លែបក្លិនសូរសៀង
ទឹកភ្នែក ស្រែកច្រៀងពីរឿងកំព្រា
3-បើសិន អូនអាចឃាត់ថ្ងៃស្អែកបាន
ដូចជាហនុមាន ឃាត់ព្រះសុរិយា
អូននឹងទៅភ្លាម ឥតស្ដាយសង្ខារ
តែអនិច្ចាកម្ម យើងដល់ហើយបង
4-ស្អែកនេះស្អែកថ្មីស្រីលាបងហើយ
គ្មានសង្ឃឹមឡើយថាបានឆ្លើយឆ្លង
ទោះដីប្រឹងវិល ត្រឡប់ច្រើនដង
ចង់ឱ្យ ជួបបងក៏ឥតសង្ឃឹម
ស្អែកអូនលា បងហើយ….
ស្អែកអូនលា…. អូនលាបងហើយ

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Dicton : Il faut savoir rester à sa place

Dans de nombreuses sociétés (toutes les sociétés ?), on considère que chacun doit rester à la place qui lui est destinée, qu’il serait vain de tenter d’atteindre ou d’obtenir l’impossible. Les Khmers ont pour cela un dicton : ខ្លួនទាបកុំតោង ដៃខ្លីកុំស្រវាឱបភ្នំ។, qui signifie littéralement « Si tu es petit, ne suspend pas ; si tu as les bras courts, ne cherche pas à embrasser la montagne ! » J’avais consacré un billet à ce proverbe en juin 2015, ici.
Il y a quelques jours, j’ai découvert un autre dicton ayant exactement la même signification : គីង្គក់ចង់ស៊ីសាច់ក្ងាន [king-kuk chang si sach kngan], « le crapaud veut manger la chair du cygne ».
Je suis à peu près certain que ce dicton est en réalité la traduction khmère du dicton chinois 癞蛤蟆想吃天鹅肉 [lài hāma xiǎng chī tiān’é ròu], qui dit strictement la même chose.
Vous trouverez un exemple d’utilisation de ce dicton dans un article du Koh Santepheap, qui relate un fait divers : un ouvrier agricole qui s’intéressait d’un peu trop près à la fille de son employeur, ici.
L’illustration ci-dessous vient d’une page en chinois sur laquelle on trouve plusieurs illustrations de ce dicton, ici.

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Une devinette végétale

Une petite devinette khmère pour faire travailler vos méninges et tester votre sagacité…
Voici l’énoncé :
រុក្ខាមានឈ្មោះចម្លែក ទោះថ្លៃអនេក ក៏នៅតែថោក។
រុក្ខា végétal
ចម្លែក bizarre, étrange
ទោះ même si
ថ្លៃ cher, couteux
អនេក au plus haut point (attention : se prononce អនែក mais s’écrit bien អនេក)
ថោក bon marché
« Une plante au nom étrange qui, même si elle est chère au plus haut point, reste toujours bon marché. »
Vous avez deviné ?
Il s’agit bien entendu du pommier de Cythère : ម្កាក់
(Le កាក់ est le décime de riel, et à l’oral, មួយកាក់ sera prononcé ម្កាក់.)
Ci-dessous, une délicieuse salade de pomme de Cythère :

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Bibliographie : So Phina, Bophana

So Phina (សូ ភីណា) est, avec Huot Socheata (ហួត សុជាតា), l’une des fondatrices des éditions Kampu Mera, qui ont publié, entre autres, la traduction en khmer d’un recueil de nouvelles de Maupassant (dont nous avons récemment parlé, ici). (Ces éditions viennent également de publier une traduction de L’Étranger, d’Albert Camus, dont nous parlerons bientôt.)
So Phina, très active sur la scène littéraire cambodgienne, est aussi novelliste et romancière. Elle a composé plusieurs nouvelles pour les différents recueils publiés également par Kampu Mera, dont nous avons déjà parlé sur ce blog.
Dans Bophana – La fleur qui ne flétrit pas (បុប្ផាណា ផ្កាមិនរុះរោយ), elle raconte de façon romancée la vie de cette jeune femme, internée pendant plus de six mois au sinistre centre d’interrogation et de torture de Tuol Sleng, à Phnom Penh. L’histoire de Bophana est bien connue, elle a notamment été racontée par Elizabeth Beker (voir ici) et le cinéaste Rithy Panh a réalisé un documentaire intitulé Bophana, une tragédie cambodgienne, largement diffusé.
Dans son roman, car il s’agit bien d’un roman, So Phina donne la parole à la jeune femme (la quasi-totalité du roman est raconté à la première personne).
C’est sur les sentiments éprouvés par la jeune femme que se concentre la romancière, sur son romantisme, sur l’amour infaillible qu’elle éprouve pour son mari « grand frère Daet » (បងដែត), sur son courage dans l’adversité, sur son refus de céder devant ses tortionnaires. So Phina dit de Bophana qu’elle est le modèle du courage de la femme khmère.
Le roman n’a pas d’intrigue au sens propre. Il commence par l’exécution de Bophana à Cheung Aek ; puis la romancière remonte le temps pour raconter de façon chronologique ce qu’elle a pu reconstituer de la vie de la jeune femme à partir de son imposant dossier dans les archives de Tuol Sleng. So Phina précise aussi dans son introduction qu’elle a extrapolé les épisodes pour lesquelles elle ne disposait pas d’informations.
Le style de So Phina est plutôt fluide. Sa narration reste dans la tradition des romans sentimentaux cambodgiens.
La qualité de l’édition est, comme c’est l’habitude chez Kampu Mera, irréprochable.
Bophana a été publié par les éditions Kambu Mera à Phnom Penh en 2019 (ISBN : 9789924920724). Le livre est disponible dans plusieurs points de vente de la capitale. Pour l’instant, seule la version originale en khmer est disponible.

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Cambodge : Le lilas des Indes, une plante aux multiples bienfaits

(NB : J’ai publié la version initiale de cet article sur Tela Botanica le 17 juillet, 2020, voir ici.)
Au Cambodge, le lilas des Indes (Lagerstroemia speciosa), appelé en khmer « en-te-nél »(ឥន្ទនេល) (pour la variété à tronc rugueux) ou « trâ-baèk prèi » (ត្របែកព្រៃ) (pour la variété à tronc lisse), est souvent cultivé comme plante ornementale. Il faut dire que ses jolies fleurs aux teintes qui vont du blanc au pourpre, délicates, aux pétales d’aspect fragile, constituent un spectacle fort agréable lorsque les arbres de l’espèce, qui peuvent atteindre au Cambodge une hauteur d’une quinzaine de mètres, se couvrent de fleurs.
L. speciosa est natif d’Inde et d’Asie du Sud-Est. Il est largement répandu, depuis le sud de la Chine jusqu’en Australie, en passant par l’Asie du Sud-Est péninsulaire, les Philippines et le Japon. La lilas des Indes est aussi connu sous le nom de « reine des fleurs » et, en anglais, sous celui de « queen’s flower ». On parle en chinois de « lilas à grandes fleurs » (大花紫薇 [dàhuā zǐwēi]) ou de « lilas à grandes feuilles » (大叶紫薇 [dàyè zǐwēi]).
Les inflorescences forment des panicules longues de 20 à 40 centimètres. Chaque fleur individuelle est composée de six pétales et elle est pourvue en son centre d’un grand nombre d’étamines. Les fleurs de cette espèce s’épanouissent une fois par an.

Fleurs et feuilles de lilas des Indes dans la rue 154, près de la rue 15, à Phnom Penh

Aux Philippines, à Taiwan et au Japon, les feuilles sont utilisées pour fabriquer des préparations théiformes. Cette plante fait partie des 69 végétaux qui font l’objet d’une promotion par le Département de la Santé des Philippines. Au Vietnam, les jeunes feuilles seraient consommées comme des légumes.

Tronc du lilas des Indes (crédit photo : J.M.Garg / CC BY-SA) (La photo vient de l’article en anglais que Wikipedia consacre à cette espèce.)

Au Cambodge, on dit que les infusions de l’écorce seraient efficaces contre les diarrhées, tandis que les fleurs et les fruits mûrs contiendraient un produit similaire à l’insuline, qui serait prometteur dans le traitement du diabète.

Fleurs et feuilles dans l’ouest du Bengale, Inde (crédit photo : J.M.Garg / CC BY-SA)

En médecine chinoise traditionnelle sont utilisées la racine et les feuilles. Les racines, recueillies de préférence en automne et en hiver, sont soigneusement rincées, débitées en rondelles et mises à sécher, tandis que les feuilles, récupérées à l’été et à l’automne, sont simplement mises à sécher. Les graines ont des propriétés narcotiques. Pour les praticiens de médecine chinoise, cette plante aide à traiter le diabète, mais elle aurait aussi des vertus cicatrisantes et de détoxification.

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Faune : Poissons du genre Osteochilus au Cambodge

Le Cambodge abrite dans ses eaux douces une faune d’une diversité peu ordinaire. Le poisson occupe dans la diète cambodgienne une place tout à fait privilégiée, et les espèces consommées sont extrêmement nombreuses. Je vous propose de faire connaissance ici avec quelques espèces du genre Osteochilus présentes dans le pays. Les poissons de ce genre sont souvent consommés frais ou séchés et salés, beaucoup sont utilisées pour fabriquer du prahok, et au moins l’une de ces espèces sert à confectionner le « fumet de poisson » (ទឹកត្រី [tuek trei]), l’équivalent cambodgien du nuoc mam vietnamien.
Pour le présent billet, je me suis appuyé sur un article en khmer publié ici, sur le site du Ministère de l’Information, et sur un ouvrage absolument indispensable pour quiconque s’intéresse à la faune aquatique du royaume : Fishes of the Cambodian Mekong, publié par la FAO, qui peut être téléchargé ici. J’ai également consulté la base de données en ligne Fishbase (accessible ici).
(Note : Toutes les illustrations données ici proviennent soit de la base de données Fishbase, soit de Wikipedia.)
ត្រីឆង្វូត [trei chhang-vot] ; Osteochilus enneaporos ; (noms français et anglais inconnus) ; (zh) 九孔纹唇鱼 [jiǔkǒng wénchúnyú]
Ce poisson peut mesurer jusqu’à 23 cm de long. Il était auparavant connu pour peupler une région s’étendant du sud de la Thaïlande à l’Indonésie, il a cependant aussi été observé dans le nord du Cambodge. Il se nourrit de périphyton (organismes qui vivent sur les tiges et les feuilles des plantes aquatiques), de phytoplancton et d’algues. Il migre probablement dans les forêts inondées pendant la saison des pluies. Au Cambodge, il est, comme les autres espèces du genre Osteochilus, capturé à l’aide de sennes, de filets maillants, d’éperviers ou de pièges qui bloquent le passage vers la rivière.

ត្រីក្រុសមេម៉ាយ [trei kroh me-maï] ; Osteochilus hasseli (syn. Osteochilus vittatus) ; (nom français inconnu) ; (an.) bonylip barb, hard-lipped barb, silver sharkminnow ; (zh.) 纵带纹唇鱼 [zòngdào wénchúnyú]
Il s’agit d’une espèce commune que l’on rencontre de la Thaïlande à l’Indonésie dans les rivières, ruisseaux, canaux et marécages. Ce poisson aime s’abriter pendant la saison des pluies dans les zones inondées. Les jeunes sont souvent aperçus à partir du mois d’août, puis ils regagnent progressivement les zones où l’eau est présente en permanence lorsque les régions inondées commencent à s’assécher. Cette espèce se nourrit aussi de périphyton, de phytoplancton et d’algues. Le poisson est vendu frais ou utilisé pour fabriquer du prahok.

ត្រីក្រុស [trei kroh] ; Osteochilus lini ; (nom français inconnu) ; (an.) dusky face carp ; (zh.) 林氏纹唇鱼 [línshì wénchúnyú]
Cette espèce se rencontre dans les cours d’eau assez grands des bassins de la Chao Praya en Thaïlande, ou du Mékong. Lors de la saison des pluies, on trouve ce poisson dans les champs inondés ; en octobre, il regagne les cours d’eau. Il peut mesurer jusqu’à 15 cm. Il est herbivore, et se nourrit de périphyton, de phytoplancton, d’algues et occasionnellement de déchets. Il est habituellement utilisé pour fabriquer du prahok.

ត្រីគ្រុំ [trei krum] ; Osteochilus melanopleurus ; (noms français et anglais inconnus) ; (zh.) 纹唇鱼 [wénchúnyú]
Cette espèce peut mesurer jusqu’à 40 cm. Il s’agit d’une espèce que l’on trouve communément dans les cours d’eau assez importants de la Thaïlande à l’Indonésie. Lors de la saison des pluies, ce poisson migre vers les zones inondées. Il se nourrit principalement de périphyton et de plantes feuillues. Il regagne les rivières en octobre. Les individus les plus gros sont vendus frais ou séchés et salés, les plus petits servent à fabriquer du prahok.

ត្រីក្រុសឆ្នូត [trei kroh chhnot] ; Osteochilus microcephalus ; (noms français et anglais inconnus) ; (zh.) 三孔纹唇鱼 [sānkǒng wénchúnyú], 小头纹唇鱼 [xiǎotóu wénchúnyú]
Cette espèce peut mesurer jusqu’à 24 cm. Son habitat et ses habitudes alimentaires sont les mêmes que ceux de l’espèce O. melanopleurus. Ce poisson retourne plus tard dans les rivières, en décembre. Il est utilisé essentiellement pour produire du « fumet de poisson » et du prahok.

ត្រីលលកស [trei lolok sâ] ; Osteochilus schlegelii ; (nom français inconnu) ; (an.) giant sharkminnow ; (zh.) 施氏纹唇鱼 [shīshì wénchúnyú]
Ce poisson peut mesurer jusqu’à 40 cm ; les spécimens rencontrés dans le Mékong sont moins grands. Il aime les cours d’eau assez grands. Il est présent de la Thaïlande à l’Indonésie. Son habitat et ses habitudes alimentaires sont similaires à ceux des deux espèces précédentes. Son importance commerciale est mineure. Il sert principalement à fabriquer du prahok.

ត្រីក្រុសក្រហម [trei kroh krâhâm] ; Osteochilus waandersii ; (nom français inconnu) ; Waanders’s hard-lipped barb ; 瓦氏纹唇鱼 [wǎshì wénchúnyú]
Ce poisson, qui peut mesurer jusqu’à 20 cm, se trouve dans les petits cours d’eau du cours supérieur du Mékong à l’Indonésie. Ses habitudes alimentaires sont similaires à celles de O. melanopleurus.

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Lien utile : Flora Malesiana

Le Cambodge et la Malaisie partagent de nombreuses espèces végétales, si bien que le site Flora Malesiana permettra souvent de trouver des informations intéressantes concernant des végétaux présents au Cambodge. Sur cette page-ci, on pourra faire une recherche à partir des noms binomiaux ; à partir de celle-là, on pourra accéder à de nombreuses ressources concernant les végétaux classés par famille.
Tout est en anglais.
(Liens visités le 22 juillet 2020.)

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