Liens utiles : Buddhism for Education of Cambodia (BEC)

L’ONG Buddhism for Education of Cambodia (BEC, en khmer អង្គការ ពុទ្ធសាសនាដើម្បីអប់រំនៃកម្ពុជា, abrégé en ព.អ.ក.) a été fondée en 2012 à Battambang par des moines bouddhistes. Son but est de promouvoir les valeurs morales du bouddhisme et d’œuvrer pour le bien-être social.
BEC agit notamment dans le domaine de l’éducation des Khmers de toutes les couches de la société, en étroite coopération avec l’Université Bouddhiste de Battambang.
Le site, en grande partie en anglais, est accessible ici.
(Lien consulté le 20 septembre 2017.)

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Bibliographie : Michel-Cosme Bideau, Chaos khmer

Michel-Cosme Bideau a passé quelques mois au Cambodge en 1997. Écrivain et journaliste indépendant, il avait alors un projet assez vague d’enquête sur les adoptions internationales, qui commençaient déjà à faire l’objet de nombreuses controverses. Il s’est trouvé à Phnom Penh juste au moment où s’est déroulée ce que d’aucuns appellent pudiquement la « crise cambodgienne de 1997 », à l’occasion de laquelle le « second » premier ministre Hun Sen a évincé le « premier » premier ministre, le prince Norodom Ranariddh. (Pour en savoir plus sur cette crise, je vous invite à lire ici l’article de Wikipedia.) Des notes prises pendant ce séjour de quelques semaines au Cambodge, Michel-Cosme Bideau a finalement fait gros un roman de plus de 600 pages, intitulé Chaos khmer – Coup d’État au Cambodge, publié en avril 2017 aux éditions Transboréal (ISBN : 978-2-36157-187-0).
Dans ce roman, l’auteur nous présente le Cambodge de 1997 vu par un voyageur de passage : expats français (dont plusieurs membres de la rédaction du Cambodge Soir de l’époque), prostituées vietnamiennes, insécurité généralisée, adoptants américains et français, petit peuple de la capitale…
Les journalistes français présents sur place sont présentés comme de vrais professionnels, soucieux de bien accomplir leur tâche, et comme d’excellents connaisseurs du pays.
La prostitution, qu’elle soit le fait de Vietnamiennes ou de Cambodgiennes, est présentée sans détour, dans ses aspects les plus sombres.
Le trafic de faux orpehlins auquel se livrent des officines à but exclusivement lucratif, les implications mafieuses, le désarroi des adoptants, leurs difficultés sont omniprésents dans le roman.
Bien entendu, l’auteur a aussi accordé une large place aux évènements qui ont secoué la capitale cambodgienne en juin 1997. Il les décrit sans fard.
Du point de vue strictement littéraire, je dois avouer que je suis loin d’être sous le charme du style qui me semble manquer parfois de fluidité. L’édition n’est en outre pas exempte de fautes d’orthographe, parfois grossières, qui sont des plus agaçantes.
Malgré tout, ce roman ne me semble pas inintéressant, car il présente le Cambodge à une époque charnière de l’histoire contemporaine du pays.
Le prix éditeur du livre est de 14,90 euros. À Phnom Penh, Chaos khmer est disponible à la librairie Carnets d’Asie.

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Proverbe : Quand la tête est cuite…

Dans le roman An Apsara of Maha Nokor (បទុមកេសរ) de Madame Bunchan Soksiri (ប៊ុនចាន់ សុក្រសិរី), le héros, en pleine crise de jalousie, se voyant proposer de la mangue verte par son rival, lui rétorque qu’il n’aime que la mangue mure ; quand son rival lui dit que la saison de la mangue mure n’est pas encore arrivée, et lui propose de se contenter de mangue verte en attendant, le héros répond :
(ខ្ញុំមិនទម្លាប់) ឆ្អិនក្បាលស៊ីក្បាល ឆ្អិនកន្ទុយស៊ីកន្ទុយ។
ឆ្អិន [ch’en] cuit (s’oppose à ឆៅ [chau] cru)
ក្បាល [kbal] tête
ស៊ី [si] (familier ou pour les animaux) manger
កន្ទុយ [kântuy] queue
La traduction littérale est : (Je n’ai pas l’habitude de) Quand la tête est cuite, on mange la tête ; quand la queue est cuite, on mange la queue.
Le héros voulait dire par là qu’il n’était pas un opportuniste, une girouette…

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Les origines légendaires du dauphin de l’Irrawaddy (1)

Lors d’un séjour récent à Kratié, mon garnement et moi avons pu entrevoir quelques-uns des rares spécimens de dauphins de l’Irrawaddy (Orcaella brevirostris, en khmer ផ្សោត [p’saot]) qui vivent dans le Mékong à cet endroit. En préparation d’un billet consacré à cet animal emblématique, j’ai cherché des informations le concernant. C’est pendant le cours de ces recherches que j’ai trouvé deux contes khmers dans lesquels les origines de ce dauphin sont racontées. Voici le premier de ces contes.
Il était une fois un paysan qui avait attrapé un serpent femelle, qui avait le ventre gros. Rentré chez lui avec sa capture, le paysan étira l’animal et lui ouvrit le ventre. Du corps du reptile fut extrait un jeune serpent femelle. Sorti du ventre de sa mère, le jeune reptile, de peur, perdit connaissance. L’animal était en outre très faible.
Voyant cela, le paysan alla à la rivière puiser de l’eau qu’il versa sur le jeune animal dans l’espoir de lui faire reprendre connaissance, mais ce fut en vain, car l’animal était trop faible. En outre, le paysan ne parvint pas à nettoyer le sang qui souillait le corps du jeune serpent, aussi décida-t-il de plonger la bête dans une bassine d’eau chaude. Le jeune serpent reprit alors connaissance et se mit à pleurer en cherchant sa mère. Quand il ouvrit les yeux, le reptile fut pris d’une peur panique, car il se vit entouré d’une foule nombreuse. De plus, prenant conscience qu’il émettait une odeur forte du fait qu’il était couvert de sang, l’animal eut honte et se saisit d’un bol de métal appartenant au paysan pour s’en couvrit la tête, avant de se jeter dans le Mékong pour laver le sang qui lui couvrait le corps. Mais il eut beau frotter de toutes ses forces, le jeune reptile ne parvint pas à se débarrasser des taches dont il était souillé. En proie à une honte vive, il décida dès lors de ne plus jamais regagner la terre ferme et se transforma en dauphin. C’est le bol de métal dont le reptile s’était servi pour se cacher qui donna à la tête du dauphin sa forme ronde.
La mère serpent, ayant vu que sa fille s’était transformée en dauphin, fut prise d’une immense tristesse et se traîna jusqu’à la berge du fleuve pour y mourir. Une fois morte, la mère de la serpente se transforma en sterne(1), afin de pouvoir prendre veiller sur sa fille chérie. Et c’est la raison pour laquelle, là où se trouvent des dauphins, on voit toujours des sternes voler en cercles au-dessus de l’endroit, comme s’ils voulaient veiller sur les mammifères. Les paysans prétendent aussi que, dans une vie antérieure, le dauphin avait été un homme, aussi n’osent-ils pas manger la chair de cet animal.
Note : (1) Le mot utilisé en khmer pour désigner l’oiseau est រំពេរកូន [rompé kôn]. Le mot រំពេរ désigne de façon générique de nombreux oiseaux qui appartiennent à la famille des sternes. Je n’ai pas réussi à identifier de façon précise l’espèce appelée រំពេរកូន.
Ce conte khmer est inclus dans un texte consacré au dauphin de l’Irrawaddy, qui se trouve ici, sur le site de Cambodia Express News. Le nom de l’auteur du texte est cité en khmer : ម.ត្រាណេ. Je suppose qu’il s’agit de Michel Tranet, mais je n’ai pas retrouvé le texte original.
Ci-dessous, la photo d’une espèce présente au Cambodge, la sterne de rivière, Sterna aurantia, en khmer រំពេរទន្លេ. La photo vient du site du journal Kampuchea Thmey, ici.

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Vidéo : Le Secret des temples d’Angkor

Il y a quelque temps, j’avais présenté un documentaire du CERIMES de janvier 2010, consacré à la restauration du temple du Baphuon (voir ici). Avant cela, en 1996, le CERIMES avait proposé un autre documentaire, intitulé Le Secret des temples d’Angkor.
Ce dernier retrace l’histoire de la restauration des temples khmers de Siemreap, depuis l’époque d’Henri Marchal (1876-1970), jusqu’à l’époque contemporaine.
Le film non seulement nous permet de découvrir l’histoire longue, passionnante et souvent douloureuse de cette épopée, mais intègre aussi quelques passages anciens dans lesquels on entrevoit le Cambodge du début du XXº siècle.
La vidéo est disponible sur Youtube, sur la chaîne de l’EFEO. Malheureusement, le volume sonore sur Youtube est faible, ce qui rend l’écoute assez pénible. En revanche, sur le site canal-u.tv, une version avec un volume audio satisfaisant peut-être visualisée (voir ici).
Ci-dessous, la vidéo de Youtube.

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Intermède musical : Chin Sereya, Colère

La jeune femme amoureuse de la nouvelle de So Phina, Des chansons à message (ចម្រៀងនាំសារ) du recueil Tomber dans l’abîme de l’amour, constatant l’indifférence de son aimé, éprouve un sentiment de colère parfaitement décrit dans une chanson qui avait été interprétée par Paen Ron (ប៉ែន រ៉ន), intitulée J’ai envie de me mettre en colère (តាមចិត្តខឹង).
Cette chanson chantée à la première personne décrit la colère sourde qui consume une jeune fille qui trouve que son amant est par trop indifférent à sa flamme : il l’ignore, il maugrée quand elle lui demande de l’accompagner, il sort seul, il ignore ses inquiétudes alors qu’elle est sur des charbons ardents, au point qu’elle a bien envie de lui infliger une leçon et de lui donner des gifles.
La chanson a été reprise par plusieurs chanteuses contemporaines. Je vous propose ci-dessous la version chantée par la délicieuse Chin Sereya (ជីន សេរីយ៉ា).

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Bibliographie : La Ferme des animaux en khmer

La Ferme des animaux (en anglais Animal Farm), la fameuse fable publiée par George Orwell en 1945, est une œuvre majeure de la littérature contemporaine. J’ai découvert avec plaisir, par hasard, que ce court roman avait été traduit en khmer. On trouve assez facilement sur Internet une copie au format pdf de la traduction en khmer de cet ouvrage, qui fut mise au point par Pan Sothy (ប៉ាន សុធី) et publiée à Phnom Penh en 1972. (Cette version au format pdf peut être téléchargée par exemple sur le blog Vannarachincom, ici.)
Je ne présenterai pas cette fable bien connue (si vous souhaitez vous rafraîchir la mémoire, je vous invite à lire ici l’article de Wikipedia), je parlerai plutôt ici de la traduction khmère.
Le titre khmer de cette œuvre est « កាលនោះ បដិវត្តន៍មួយ », littéralement « À ce moment-là, une révolution », que je serais tenté de traduire par « Il était une fois la révolution ».
Plutôt qu’une traduction, il s’agit en fait d’une adaptation, comme le précise d’ailleurs la première de couverture (ប្រែសំរួលដោយ ប៉ាន សុធី : adapté par Pan Sothy). En effet, le traducteur a pris quelques libertés avec le texte source.
Pour la plupart, ces libertés me semblent judicieuses. Par exemple, les « moutons » de la version anglaise sont remplacés par des « chèvres ». Cette métamorphose animalière est justifiée par le fait que le mouton est un animal peu connu des Cambodgiens, tandis que la chèvre est un animal familier en pays khmer, qui de plus, pour les autochtones, a autant d’esprit de discernement que les animaux de Panurge.
Les noms des personnages de l’histoire ont également été adaptés : le cochon idéologue de la révolution, Sage l’Ancien (en anglais Old Major), est appelé អាគំនិត, littéralement « l’intello » ; Lubie (Mollie), la jeune jument frivole, est appelée អាប្រផេះ, « Grisette » ; Brille-Babil (Squealer), le « ministre de la propagande », s’appelle អាប្រាជ្ញ, « le malin » …
Le traducteur a fait un réel effort de « transcréation », en présentant à ses lecteurs un texte khmer très fluide, plein d’humour décalé comme le texte original, et qui me semble d’excellente qualité. Par comparaison, les traductions en chinois publiées en Chine continentale, par exemple celle produite en 2010 par Fu Weici, professeur bien connu de l’Institut des Langues Étrangères de Pékin, me semble très littérale et manque singulièrement de saveur.
L’édition khmère présente peu de défauts (quelques fautes et incohérences orthographiques, en petit nombre). En revanche, la qualité de la copie au format pdf est assez médiocre, au point même que certains passages en sont presque illisibles,
Ci-dessous, la première page de couverture de l’édition khmère (l’image vient d’une page du site iKhmerBMC, à partir de laquelle on peut aussi également télécharger le fichier pdf mentionné ci-dessus).

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